samedi 20 décembre 2008

Retrospective Meilleurs Disques 2008

Oeuvre gracieuseté de Sébastien Desjardins

Ceci ne se veut absolument pas un palmarès des meilleures parutions de l'année, puique je considère qu'un tel exercice est futile, car demain mon humeur aura changée et conséquemment, mon échelle d'appréciation. Voilà une sélection de bricolages sonores, cuvée 2008, qui ne méritent surtout pas de passer sous silence.


Xploding Plastix, duo Norvégien d'Acid-Jazz-House-Électro-Funk, aux gros beats et sonorités particulières, nous revient avec Treated Timber Resists Rot. Comparé à Aphex Twin, la ressemblance se fait d'autant plus frappante cette fois-ci, puisque l'album est du style beaucoup plus IDM qu'avant, malgré qu'étant un peu mal placé pour en juger, ayant manqué leurs derniers efforts. Un modèle de polyrythmie à son meilleur, une oeuvre qui est plus accessible au départ, en élaborant sur des compositions complexes et angoissantes vers la fin. Une belle progression et un bel enchaînement, digne du terme bricolage sonore s'il en est un, d'autant plus réussis. Un voyage d'une heure en territoires nordiques et aux confins de l'imaginaire qui en donne plus que son argent ! 9/10




Sur Just a Souvenir, dernier né de Squarepusher, on croirait parfois entendre la trame sonore des derniers jeux Sonic, pour la console Sega Dreamcast [j'avoue, j'suis un nerd], mais sur hallucinogènes ! Les créations de ce pousseur de carrés, bassiste Jazz Fusion, sont très animées, énergiques, tout en reliefs et surtout, réussissent à surprendres à coup sûr. Tantôt hyperactives, un peu disjonctées, à la Manga Japonaise tantôt calmes, Ambiant, presque méditatives, mais toujours un peu Jazzy, Funky et Électro à la fois. On s'éloigne du registre simplement Drum n'Bass, faut vraiment entendre puisque de toute manière, on ne peut étiquetter un artiste de sa trempe. Un périple musical très varié et coloré, comme peut en témoigner la pochette de l'album. 8.5/10





Funky, remplis de Soul, avec une touche de Hip-Hop/R&B et une pincée de Bossa Nova, qu'elle arrive à point cette parution d'un mois de novembre trop froid et gris ! L'album de Jazzanova, Of All The Things, que l'on pourrait croire sortis tout droit d'une autre époque, Beatlesque par moments, à la sauce Jamiroquai par d'autres, mais toujours léger, jazzé, efficace et bien meublé au niveau de l'orchestration. 7.5/10





Avant cet album, je connaissais peu le travail du trompettiste Erik Truffaz, maintenant que j'ai entendu cet ambitieux chef-d'oeuvre de 3 CD, je ne le verrai plus jamais comme avant. Ayant pour thème 3 villes et réalisé conjointement avec 3 artistes aux vibes fort différentes les unes des autres. Le premier avec le style vocal scat et beatbox de Sly Johnson sur Paris, le second avec Indrani & Apurba Mukherjee et ses mélodies arabes envoutantes sur Benares et on va du côté un peu plus expérimental que les autres, alors que Murcof boucle la trilogie avec leurs nappes sonores sur Mexico. Tout un tour de force d'avoir réussis à créer une oeuvre aussi poignante, soignée et aboutie. Un panorama phénoménal de jazz contemporain et surtout un témoignage de la versatiité de ce virtuose aux poumons musclés, ce qui fait de ce disque un incontournable Rendez-Vous ! 9.5/10




Les oeuvres de John Zorn sont toujours un peu difficiles d'approche, souvent déstabilisantes, l'essence même du Jazz Exploratoire. Zaebos, tome II des livres Masada, qui est à la base composé de Zorn à la trompette, Marc Ribot (guitares), Cyro Baptista (percussions), Joey Baron (drums), Trevor Dunn (basse), Ikue Mori (électros), Jamie Saft (claviers) et Kenny Wollesen (drums). Voici une étonnante interprétation par le très versatile trio que forment Medeski, Martin & Wood. C'est fascinant d'entendre une telle performance de musiciens chevronnés, ces différents éléments qui fusionnent. Il faut tout de même être cérébral et ouvert musicalement parlant pour suivre, vu les structures exigeantes des compositions et la complexité de leurs interprétations. Une session souvent éclatée, voire endiablée, remplie de Soul et de Funk, très éclectique ! 8.5/10




One Day as a Lion, projet du chanteur de Rage Against the Machine, Zack de la Rocha et l'ex-batteur du groupe Mars Volta, Jon Theodore. À l'instar de Rage, qui n'utilise aucun instrument synthétique, on peut y entendre des claviers qui ressemblent étrangement aux riffs de Tom Morello, faut avouer que Zack a été à la bonne école pour créer des airs accrocheurs et efficaces. Toujours aussi engagé au niveau de la poésie, crue, viscérale et surtout livré avec une conviction peu commune. Côté percussions, le jeu du batteur surprend, sans conteste l'une des meilleures captations d'un drum, ça sonne littéralement comme une tonne de briques. De prime abord, on pourrait croire que ça donne un son épuré, mais ce duo hors du commun réussis amplement à meubler nos oreilles et même d'avantage. Nous sommes en présence d'un EP, donc on n'a vraiment pas le temps de se lasser avec cet excellent premier demi-album. 8.5/10




On dit parfois de lui qu'il est un émule de Cohen ou Brel, malgré ces comparatifs forts élogieux, je crois qu'il serait limitatif de ne penser qu'à eux comme influences. Ah, cette voix si distinctive et ce joli accent d'on ne sait trop où, juxtaposé à un son intemporel, qui n'aide en rien à nous fixer sur la plus récente mouture Prêts, Partez, en provenance de la fabuleuse plume poétique imagée, mi-franco et anglo de Thomas Hellman ! Le troisième de ce talentueux jeune homme oscille entre le Folk, la chanson française et le Slam, cet album nous nourrit émotivement et intellectuellement, autant lyriquement qu'instrumentalement parlant. 7.5/10




Mon côté Folk refait surface avec l'excellent For Emma, Forever Ago, premier effort de la formation Bon Iver. Très mélodique avec des jeux de voix forts intéressants, qui rappelle un peu Animal Collective, avec des ambiances à la City & Colour et Iron & Wine. Intense, sentis, en toute simplicité, avec une réalisation hors-pairs, des arrangements superbes, travaillés quand il le faut tout en préservant la beauté des petites imperfections. Ce qui donne un résultat très intime et feutré, mais haute en teneur d'émotions. 8/10



Abd Al Malik, ce français aux racines Congolaise et chanteur de la formation N.A.P. et Beni Snassen, nous revient sur Dante avec ses textes lourds, très poétiques, poignants, parsemmés de sagesse et garnis en réflexions sociales poussées. Pour son troisième opus Malik et compagnie nous reviennent avec une réalisation doublement plus soignée que sur l'album précédent, Gibraltar, ce qui lui donne un cachet un peu plus Pop, malgré qu'aussi Rap, Jazz, Slam et chanson française que jamais. Visiblement bien entouré, à entendre le final et pour cause, quand on s'offre la participation de Juliette Greco qu'on entend dès la première pièce et de sa femme, la chanteuse Wallen. 7.5/10


''Bien peu de gens se souviennent d’Antonio. Pourtant, ce bipède déterminé a traversé les époques, la tête haute. Flashback sur les moments marquants d’une existence étrange-bizarre: Celle d’un homme qui voyait la vie avec ses oreilles. Composé et arrangé par David Brunet, Antonio est un projet sans mots.... Interprèté par 25 humains et leurs instruments.'' C'est ce qu'on peut lire en guise de présentation du projet sur la page myspace de la formation. Un voyage à travers des univers mélodiques d'autant plus différents et fascinants les uns que les autres. Un disque d'une richesse d'influences et d'instrumentation très marquée et diverifiée, véritable kaléidoscope musical, très stimulant, quoi qu'un peu inégal dans son ensemble. 8/10



Album particulièrement ensoleillé avec une attitude urbaine positive et festive qu'est Thought So..., la plus récente parution de Nightmares on Wax. Un enregistrement qui ne se démarque pas tant de ce qui se fait dans le même créneau, on croirait parfois entendre The Thievery Corporation ou The Herbaliser entres autres, mais ils le font plutôt efficacement et avec style(s) ! D'une pièce à l'autre on voyage beaucoup, on passe du Hip-Hop, Reggae, Soul, R&B, sans oublier cette touche électro de style un peu lounge qui est omniprésente [le tout souvent métissés dans une seule pièce]. Une recette qui fonctionne très bien, grâce à leurs savants alliages, quoi que plus diversifiée qu'avant, moins uniforme et au penchant Downtempo/Ambiant, mais qui demeure tout de même l'un des ingrédients. 8.5/10



You Don't Know Ninja Cuts, bourrée de découvertes et surtout, d'artistes qui se démarquent de la masse, qu'est cette plus récente compilation de l'étiquette indépendante Ninja Tune, label Électro et Hip-Hop créé en Angleterre et qui possède une filiale à Montréal. Sur cette volumineuse galette de 3 disques, rehaussée par la qualité de l'art graphique des pochettes, on constate de visu qu'on a affaire à un ouvrage méticuleusement assemblé. Idem côté contenu, les choix présents font un tour d'horizon de l'éventail musical coloré qu'ils ont à nous proposer. Près de 50 titres pour stimuler nos neurones et nous faire visiter de nouvelles contrées sonores, bienvenue dans le futur ! 7.5/10



Rodéoscopique, c'est du Folk instrumental imagé, réalisé par Antoine Berthiaume avec l'aide d'artistes chevronnés de chez-nous, tels que Rick Hayworth, Guido del Fabro et Mélanie Auclair. 8/10





L'Univers de Rajotte 2, une excellente compilation, que je qualifierais de beaucoup mieux mixée et moins décousue que le premier tome, mais surtout plus concise et garnie en découvertes et de versions alternatives de certaines pièces 9/10







Isobel Campbel & Mark Lanegan - Sunday at Devil Dirt, la beauté des contrastes, lui avec une voix à la Cohen, elle une toute petite voix aérienne (anciennement de Belle and Sebastian) 8.5/10






Beast est Betty Bonifassi et Jean-Phi Goncalves, on l'attendait depuis longtemps cet album qui métisse rock et électro d'une manière magistrale 7.5/10





Beats on Canvas, est un concept original inspiré de toiles, une tapisserie intéressante en provenance d'inluences musicales très variés. Un résultat réussis et sentis. 8.5/10







Bohren & Der Club of Gore, entre le rock exploratoire et le jazz instrumental à la sauce Godspeed You ! Black Emperor, Ulver et Boris. Leur dernier né, Dolores est appaisant et angoissant à la fois ! 8.5/10



Bloc Party reviennent en force avec Intimacy où l'on attend des structures fort accrocheuses et intéressantes 8.5/10









An Albatross avec leur disque Family Album, pour les amateurs de Primus et Mr.Bungle, un projet très ambitieux ! 7/10










Sur l'ablum OH (Ohio) de Lambchop paru au mois d'octobre, on a droit à un doux Folk avec un chanteur au timbre de voix à la Cat Stevens pour bercer la douce chutes des premières feuilles d'automne. 7/10






Department Of Eagles, est un groupe en partie formé de membres de Grizzly Bear. Avec leur disque In Ear Park, ils sonnent un peu Patrick Watsonesque par moments, un Rock vaporeux et éthéré, mais toujours de bon goût. 7.5/10







Koushik et leur album Out my Window, du shoegaze électro comme je l'aime ! 8/10









Max Richter et sa dernière oeuvre 24 Postcards in Full Colour, nous sert un très bon alliage de compositions classiques contemporaines, principalement orientées autour du piano, agencées à une ambiance électro en toile de fond 8.5/10







Monkey et Journey to the West, un projet parallèle à Gorillaz très particulier, toute une aventure musicale ! 7.5/10









TV On The Radio sur Dear Science, c'est une sonorité et des structures qui s'apprivoisent de la part de la formation à son meilleur ! 9.5/10

vendredi 5 décembre 2008

PawaKido !

Dans la soirée du Jeudi 4 Décembre au Cabaret du Musée Juste Pour Rire, avait lieue une combinaison gagnante avec le doublé aKido+Pawa Up First. Belle petite salle dans laquelle j'ai eu le plaisir de voir la formation big band/jazz/expérimental Flat Earth Society, dans le cadre du Jazzfest l'an dernier. Une bonne ambiance, un public relativement jeune et une très bonne sono nous attendaient, ce même pendant la première partie où le technicien s'ajuste habituellement. En plus d'assister à un spectacle où la musique et les images sont assurées de nous transporter à mille lieux du quotidien, que demander de mieux !


Pour débuter en intensité, on retrouve aKido, alias Kim Gaboury, à la guitare et au clavier, son frère Martin à la batterie, Joyce à l'ordinateur, l'échantillonneur et à la voix, leur bassiste et nous, encore surpris de voir une solide formation de quatre membres devant nos yeux. Lui qui nous avait pondu la chanson Les Humains, contenant un échantillon d'un discours de Pierre Falardeau, qui a connue un certain succès [tirée de son premier album Playtime en 2004], on s'attendait plutôt à un DJ set de sa part. Au lieu, il nous a livré une tonne de rock et de groove et c'est pas nous qui vont s'en plaindre !


Pawa Up First est : Serge Nakauchi Pelletier (guitare, lapsteel, basse-synthé, échantillonage), Matt Pontbriand (basse), Daniel Bédard (batterie), Christian Baang (piano, synthé), Julien Sagot (percussions). Ils ont collaboré avec des membres de Karkwa, Gatineau et de Shades Of Culture, entre autres. Ils nous ont présenté une brochette de pièces inédites du nouvel album, qui devrait bientôt atterrir dans les bacs des disquaires [probablement d'ici le grand dégel], ainsi que du matériel en provenance des disques Introducing New Details et The Scenario. Entre le jazz, le rock, l'électro et le hip-hop, Pawa est un groupe qui mélange les styles avec aise et brio, comme peu nombreux se fait de mieux. Agencés à des projections assez imposantes et très atmosphériques avec des petits trucs d'éclairages simples, mais qui ajoutent à l'effet dramatique, punchés et efficaces. Ces serviteurs de l'art nous ont donnés une prestation chargée d'émotions, tout en subtilitées et contrastes, aux reliefs aussi variés et colorés que leurs influences. Tout un spectacle, dans une salle que je considère de très bonne qualité et que je regrette de négliger d'y aller plus souvent qu'autrement.

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Petit montage particulièrement inspiré et artistique
gracieuseté de Martin Boivin et Beatmachiine


dimanche 23 novembre 2008

Elsiane et ses contorsions vocales



Nous voici en cette fraiche nuit de samedi en presqu'hiver, je dis bien nuit puisqu'il fait noir tellement tôt, qu'on dirait que la soirée est entamée depuis déjà un bon moment, scénario parfait pour un moment de Trip-Hop comme on les aime. Selon ce qu'on a pu constater à l'écoute de leur premier album Hybrid ainsi grâce à une prestation dans le cadre de M Pour Montréal diffusée sur le câble numérique, Elsiane se mesure nez à nez avec les meilleurs du genre, on pense à Portishead, Sneaker Pimps, Morcheeba, Goldfrapp et Lamb, pour ne pas trop faire de name-dropping. Le lieu : Les Saints, en plein centre-ville de Montréal, très sympathique et efficace petit lieu de diffusion, à un point tel que l'un de mes frères sonores et moi croyons avoir trouvés notre nouvelle salle fétiche !


À peine entrés dans la hall principal, on annonce les couleurs de la soirée, puisque DJ Sarcastic est derrière les platines et nous fait tourner des classiques du genre [l'album Maxinquaye de Tricky, entre autres], avec de bons enchaînements, un bon équipement, un bon son et une technique respectable. Il reviendra en force pour réchauffer la foule après la première partie qu'assurait le Duo Groove et un peu plus tard, pour donner suite à la programmation régulière et terminer la soirée en beauté. Jai tout de même resté surpris du peu de réceptivité de la part de l'ensemble du public qui est resté assis pour la totalité de la prestation du duo d'ouverture, lui qui n'a pourtant pas lésiné sur la qualité et l'intensité musicale.



Le moment tant attendu approche, les gens se lèvent enfin, certaines sections du club s'ouvrent pour laisser place à une foule un peu plus nombreuse qu'initialement prévue. Tout le monde essaie tant bien que mal de trouver son sweet spot afin de mieux voir et entendre ce groupe de chez-nous encore méconnu qui, selon moi, ne devrait pas tarder à se taper de plus grosses salles. On se considère encore chanceux de les avoir attrapés dans un lieu si intime et invitant ! L'éclairage, quoi qu'efficace, était un peu trop statique à mon goût pour rendre justice à ce genre d'évènement, une projection était aussi de la partie. Leur art visuel étant très artistique, particulièrement inspiré et réussis, il aurait été bien de pouvoir bénéficier de projections à grand déploiement. Malgré qu'un peu sobres au niveau de leurs tailles, mais très efficaces au niveau de l'impact émotionnel, ils viennent appuyer parfaitement l'atmosphère déjà très présente et prenante du ce chant si particulier, combinés aux excellents arrangements.


La prestance du bassiste est particulièrement à souligner, sans oublier évidemment celle de la chanteuse qui célébrait son anniversaire ce soir là. Il ne faut pas oublier qu'Elsiane est à la base un duo, puisqu'on pourrait penser qu'il manque de fraternité entre ce quatuor, comme me l'a si bien fait remarqué un de mes amis qui les a vus il y a déjà quelques temps. Fortement recommandé pour ceux qui aiment la vibe un peu mélancolique et cette sonorité si dinstictive de la belle époque [pas si lointaine] de la grosse vague Trip-Hop qui a déferlée sur nous plus intensivement, mais qui demeurre tout aussi touchante et actuelle avec les années.

Montage audio/vidéo, gracieuseté de Beatmachiine



lundi 17 novembre 2008

Subtile assension d'une colline par de mouvements séquentiels

Photo courtoisie de Larry alias OrganiZeDesorder

Par une frigide soirée d'automne, dimanche le 16 novembre dernier au Club Lambi à Montréal, se déroulait des prestations hors du commun par des artistes tout aussi exceptionnels. Subtle, Zack Hill & Pattern is Movement, ont bravés la froidure pour nous échauffer les esprits dans cet environnement intime.












En arrivant sur les lieux, pas de billets en vente, nous sommes dans un environnement bar, comme à la Sala Rosa au printemps dernier, mais un peu plus grand et peuplé. Nous sommes attirés par une table où des disques et autres articles promotionnels sont en vente et on voit les membres du groupe qui gravitent autour. Le noyau d'une foule de projets sur l'étiquette Anticon [voir article précédent] étant Doseone et Jel, on les retrouves fortement impliqués et facilement accessibles. L'ami qui m'a fait connaître cet univers musical a eu la chance de se présenter et de s'entretenir avec Doseone et moi avec Jel, des êtres forts ouverts, humbles et sincères. Nous qui les estimons beaucoup, on est revenu à notre groupe d'amis [ceux qu'on a pu réunir afin qu'ils ne manquent pas ce spectacle] avec de larges sourires aux visages suite à cet entretien.


Chanceux que nous sommes, on a eu réponses à des questions qu'on se posait depuis un moment, à quand d'autres albums de 13 & God et Themselves ? Deux albums paraitront en 2009 de Them [on se doute d'un studio et un remix] et enfin le second de 13 & God avant 2010, dépendamment de l'apport des deux membres de la formation allemande The Notwist. Vous venez d'apprendre en grande primeur que d'autre bonne musique de leur part est envisagée pour l'année qui vient !

Maintenant, place au spectacle. Le tout a commencé par ce que je considère être ma découverte de la soirée : Pattern is Movement, un duo de joviaux barbus influencés par Animal Collective, qui se sont donnés à fond pour nous. Ne vous fiez pas seulement qu'aux extraits qu'on peut entendre sur leur site Myspace, puisqu'ils sont très convaincants en prestation. Une énergie positive agrémentée par un bon sens de l'humour et d'une belle intensité enrobent leurs jolies mélodies. N'hésitez pas à aller les voir, si vous en avez la chance.

Après l'entracte, s'est enchaîné un feu roulant de toms par le percussionniste déchaîné qu'est Zack Hill. Sur un fond d'échantillons, il nous a livré un véritable solo de drum perpétuel, où on en est venus à se demander d'où provenait toute cette énergie. D'une rare intensité, souvent difficile à suivre, aux structures très exigeantes même pour l'auditeur des plus chevronnés. Une performance que je qualifierais d'épuisante, autant pour le musicien que pour ceux qui sont restés du début jusqu'à la fin.



La pièce de résistance tant attendue arrive enfin. Une chance qu'une pause suffisamment longue a pu donner assez de répit à nos tympans pour être en mesure de l'apprécier adéquatement. Comme ces gens là ne font pas les choses à moitié, il y a toujours un décor minimaliste mais efficace qui les suivent, même dans les plus petites salles. Encore une fois, je me suis trémoussé à en entrer en transe avec le flow hallucinant de Doseone avec lequel on ne peut faire autrement qu'en être hypnotisés par moments. Une autre prestation haute en couleur, malgré qu'un peu écourtée par un pépin technique vers la fin, ce qui n'a nullement empêché de passer une superbe soirée.

Afin de mieux pénétrer dans l'univers de Subtle

jeudi 13 novembre 2008

NiN @MTL-12/11/08 = Visuellement Orgasmique


Le lieu était le Centre Bell, je n'étais pas chaud à l'idée d'assister à ce concert pour cette raison, mais fort heureusement, nous avions de très bonne places. Mes attentes étaient élevées après avoir vu Nine Inch Nails avec le Fragility Tour 2.0 au même endroit en 2000. Ils ont tellement une quantité de nouveau matériel depuis ce temps, on se demandait tous ce qu'ils allaient nous présenter, chose certaine, on s'attendait à en avoir plein la gueule !



Le groupe rock/métal expérimental Boris avait pour mandat de réchauffer la salle avec une piètre qualité sonore, dommage pour la formation japonaise qui mérite beaucoup mieux comme traitement. Le premier segment du spectacle principal a débuté sous le signe du plus récent album, The Slip paru au moins de juillet dernier, suivis de quelques extraits de l'album conceptuel quadruple, Ghost I-V, paru un peu plus tôt la même année ('08).

Le fait est qu'ils ont tellement de bonnes pièces différentes depuis 2005 (4 albums en 3 ans) à leur répertoire qu'ils n'ont pas joués, c'est évident qu'ils ne pouvaient plaire à tout l'auditoire. Par contre, c'était bien de nous dérouter en jouant un peu de Ghost et d'autres pièces qui sortent des sentiers battus, mais sinon c'est un setlist un peu décevant, beaucoup de drôles de choix, quoi qu'efficaces, comme toujours.


Je n'ai pas réussis à vibrer et m'émouvoir au point où je l'ai été par le passé, sans pour autant nier que c'était tout un spectacle de la part de Reznor et son équipe, comme ils savent si bien les faires. Au niveau des effets visuels, on a eu droit à la technologie de pointe, des vagues de lumières (littéralement), des effets qu'on se demande comment ils ont réussis ces tours de forces, la projection d'images qui provoquent et secouent, sans oublier la qualité exceptionnelle de la sono pour un aussi large auditorium, on peut dire qu'on en est ressortis gâtés !



Je ne peux m'empêcher de souligner que depuis 2007, Trent Reznor et son projet n'est plus signé par Interscope, maintenant indépendant, il peut produire du nouveau matériel à sa guise. D'ailleurs, c'est un fascinant exercice, une belle étude de marché qu'il a fait, en lançant ses deux derniers albums un peu plus tôt en version numérique, suivis un peu plus tard par les disques en magasins, allant jusqu'à offrir le téléchargement gratuit de la totalité de son dernier opus. En plus d'aller dans des directions artistiques diamétralement opposées comme avec le projet instrumental/expérimental qu'est Ghost en passant par The Slip qui est beaucoup plus conventionnel. Reste à voir ce qu'il nous réserve pour le futur, probablement des projets de plus en plus multimédias, on ose imaginer...


Petit montage pour donner une idée de cette orgie visuelle !