dimanche 15 janvier 2012

Les Genres de Chez-Nous - Janvier 2012



Bien du chemin a été parcouru par le jeune et fort talentueux Jesse MacCormack et sa bande depuis l’époque où le groupe s’appelait Mac avec un «c», lorsqu’ils vendaient leurs enregistrements de manière indépendante pendant leurs spectacles. Aujourd’hui, Mak est signé par l’étiquette de disques L-ABE, tout comme Jean-François Lessard, Vander, Doba et The Blue Seeds, en plus, le disque est distribué par la machine Sélect, donc on peut le retrouver un peu partout. Je suppose que la formation a dû modifier son épellation pour éviter des démêlées judiciaires, probablement suite aux conseils que leur nouvelles maison de disque a probablement suggérer.


Les riches sonorités et des structures de pièces raffinées sont au menu sur l’album homonyme de Mak. On se retrouve quelque part entre l’ambiance feutrée et très texturé de Patrick Watson et la richesse instrumentale à la sauce Radiohead ou Karkwa avec des paroles anglophones, vues les racines de Jesse, parolier et multi-instrumentiste de la formation. Des ambiances toutes en subtilités et d’une grande sensibilité, livrées avec des harmonies vocales masculine/féminines hautes perchées, avec beaucoup de souffle un peu comme la façon de chanter de Louis-Jean Cormier, chanteur du groupe Karkwa. On pense également à Leif Vollebekk et Armen at the Bazaar, pas seulement pour les similarités de l’aspect vocal, mais aussi pour le volet musical très atmosphérique. Les progressions d’accords sont parfois étonnantes, mais toujours efficaces et recherchés, servies avec une réalisation soignée. On se la joue Néo-Soul avec l’utilisation de l’autotune sur la pièce Young Lads, ce qui me fait inévitablement tracer des liens avec James Blake et Jamie Woon, mais tant que c’est bien effectué, comme c’est le cas avec Mak, ça me va!


Grâce à un habile mélange de Rock-exploratoire, d’éléments Folk et d’Électronica, le disque ressort inévitablement du lot et ce, malgré les influences senties. Je dois avouer que j’ai été légèrement étonné de voir arriver cet album dans les bacs de disquaires, une agréable surprise de voir jouer d’audace une étiquette québécoise et un bon coup pour elle, mais, comme l’enregistrement est en anglais, on vise vraisemblablement un large marché. Avec la qualité et la sincérité déconcertante avec laquelle chaque pièce a été conçue, ce n’est qu’une question de temps avant que Mak laisse une profonde marque dans le paysage musical, non-seulement montréalais, mais sur le monde de la musique au sens large, tellement que c’est une œuvre aboutie et ce n’est qu’un début! Voici l'entrevue des Frères du Son avec le groupe réalisée à leurs débuts, il y a environs 2 ans déjà, bien des choses ont évolués au sein de la formation depuis, n'empêche que ça donne un aperçu de son énergie...

 Bon divertissement!

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