vendredi 30 mai 2014

La froideur de Frost et on cryogénie!


Jeudi 29 mai, par une clémente fin de soirée du printemps qui est pour ainsi dire terminé, le Musée d'Art Contemporain est le théâtre d’un événement bien spécial, puisque deux festivals de musique électronique convergent pour souligner leurs 15 ans (Elektra + Mutek = EM15en nous proposant des expériences d’art technologique sans pareil.

BALLADE NOCTURNE URBAINE


Dans le cadre du Printemps Numérique qui bat son plein cette année à Montréal, des installations audiovisuelles se retrouvent pratiquement à tous les coins de rues du centre-ville, de sorte qu’une brise que l’on croirait pratiquement européenne souffle sur la métropole.










FOULES (a)MUSÉES


D’emblée, en pénétrant dans la salle d’exposition, il est clair que le musée s’est transformé en salle multidisciplinaire pour l’occasion. Trois univers distinct nous attendent, le premier étant une sorte de vignettes sous forme de vidéo, des toiles vivantes et vibrantes. Le second, une pièce emménagée pour s’y asseoir, entouré de sons, de lumières et des projections. Le dernier est là où se déroulent les prestations digne du Mutek, l’endroit tout désigné où Ben Frost nous convie pour une expérience extraordinaire!






Deuxième dans la série de prestations intitulées Nocturne, les amateurs de musique exploratoire se sont donné rendez-vous pour une représentation qui débute à 22h et se termine aux petites heures du matin. La foule se laisse aspirée par les tapisseries sonores de ce barbu islandais, dès les premiers instants, comme une sorte de transe collective, hypnotisés par un jeu de lumières extrêmement immersif et une admirable quadraphonie. Une sonorisation exemplaire, surtout pour ce type de musique qui est parfois très dissonante, frôlant même la cacophonie. Le moins que l’on puisse dire, c’est que monsieur Frost et ses deux percussionnistes donnent un spectacle retentissant, voire ahurissant sur certains passages.








SANS RÉPIT POUR LES TYMPANS


Les compositions choisies par l’artiste originaire de l’Australie sont comme une vague d’assaut pour l’oreille. Les structures viscérales, issues de son tout récent album A U R O R A, sont d’une rare intensité et se transforment en une expérience étourdissante interprétées devant le public qui se retrouve happé par une densité sonore hors du commun. Submergés par les sons, bombardés de lumières, frappés par une sorte de mur de fréquences qui ne peuvent faire autrement que subjuguer l’auditoire, ses nappes sonores ambiantes exploratoires très contemporaines déstabilisent et captivent.


De fortes émotions sont véhiculées tout au long de sa courte performance, tant mieux, puisqu’il est difficile de ne pas être saturé, tant au niveau auditif qu’émotionnel! Les gens ont commencés peu à peu à quitter les lieux, question d'attraper le dernier métro, mais les plus valeureux restent jusqu'à la fin, malgré l'heure tardive. Au final, les spectateurs en ressortent éblouis et elle crie au génie (cryogénie) par la frigidité de ses créations, l'énergie déployée dans leurs interprétations ainsi que par la prestance exceptionnellement vibrante de l'artiste.

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