vendredi 23 août 2019

Ryoichi Kurokawa et 404.zero | Pur Surréalisme


Pour la première installation la série d'événements audiovisuels, nommés A/Visions à juste titre, Mutek conviait les festivaliers à nous pas une, mais deux premières mondiales dans l'antre du Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts.


Avec Subassemblies, l'artiste japonnais Ryoichi Kurokawa a fabriqué une incursion dans de saisissants environnements surréalistes où les éléments se contorsionnent, se distordent, et se décomposent pour mieux se recomposer. Dans un grand gyroscope de sons et d'images où se côtoient stroboscopie, les spectateur se retrouve assiégé, bombardé et mitraillé des tympans comme des globes oculaires !


Une sorte d'opposition de la nature versus les bâtiments, des images saccadées, à l'instar des sonorités glitch qui circulent de tout bords et tout côtés. Le tout débute avec une ballade inquiétante dans une forêt numérique (qui, celle-là, n'a rien à voir avec Jérôme Minière) réminiscente du film The Blair Witch Project en version revampée, qui se juxtapose en une promenade dans des lieux désaffectés, où la végétation reprend le contrôle sur l'architecture et le béton. Époustouflant d'hyper-réalisme, avec la matière qui devient perméable, cet univers défie notre conception des paramètres du possible.


Submergés par le format de l'écran et par l'immensité des constructions sonore du nippon, l'auditoire se laisse entraîner dans un univers où tout devient plausible. Une atmosphère similaire à un rêve fiévreux, une ambiance angoissante qui tient en haleine du début jusqu'à la grande finale dans une grande pétarade. Ce seul moment sans images fait voyager l'imaginaire qui, par les sons entendus, évoque un cataclysme épouvantable ou des déflagrations d'un conflit post-apocalyptique surgissent.

Permutation de bruits et de statique


La barre était haute pour le duo russe 404.zero qui suivait, après une fresque visuelle et sonore aussi monumentale que celle que nous venions de vivre ! Ils arrivent avec leur synthétiseurs modulaires sur scène avec une lourde tapisserie sonore noise et abrasive. Déjà que l'auditoire venait d'en prendre plein la tronche avec monsieur Kurokawa, sans même vouloir faire de comparaison, il s'agit d'un mince défi pour réussir à captiver autant l'attention que ce dernier.


Le visuel abstrait joue énormément avec le relief qui semble être en perpétuelle mutation et passe de vaporeux jusqu'à un effet de 3 dimensions. Les séquences parfois soutenues créent une sorte de mal-être. La transition soudaine vers de leur visuel beaucoup plus concret, martèle des images où l'on dénote une grande détresse émotionnelle, avec la sensation que les murs se referment sur nous, grâce aux sonorités anxiogènes, voire même cauchemardesques.

Voici un bon exemple de ce qui laisse pantois !

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