jeudi 29 décembre 2011

Chef-D'Oeuvre du Mois - Décembre 2011


Derrière le nom Aspidistrafly se terre la jeune chanteuse et compositrice April Lee et le producteur Ricks Ang, tous deux de Singapour. Elle est la directrice artistique de la maison de disque indépendante Kitchen. Label, tandis qu'il produit tout ce qui est réalisé sur l'étiquette, alors on peut dire que le duo forme véritablement la paire!


Aspidistrafly me fait penser à la formation Stereolab, pour les harmonies vocales, mais surtout pour les doux et somptueux arrangements entendus sur A Little Fable. Au menu, une prédominance  d’instruments à cordes, avec sifflotements d’oiseaux en prime et autres sonorités inusitées, comme le son d’un réveille-matin et des échantillons de voix d’enfants qui jouent, se font entendre à travers l’enregistrement. Côté musical, c'est un genre de Folktronica éthéré, ambiant et atmosphérique au plus haut point. La musique d'Aspidistrafly donne une impression apaisante, qui arrive comme un baume qui ralentit un tant soit peu nos trains de vies effrénés, particulièrement dans la période des fêtes, puisqu'on veut tout faire en même temps...

Aspidistrafly avec 3 extraits du disque I Hold a Wish For You via Kitchen Label

Depuis I Hold A Wish For You, leur album précédent, paru en 2008 et le premier à voir le jour sous leur toute nouvelle étiquette, le duo s'est fait remarquer par la communauté musicale asiatique et maintenant à l'échelle mondiale, avec leur sonorité recherchée, à la frontière de la musique Rock-expérimentale et Noise, des structures de pièces très originales, malgré les élans Pop acoustiques, grâce à une interprétation on ne peut plus poignante.


Aspidistrafly fait un genre musical qui se retrouve quelque part entre la Dream-Pop et la musique exploratoire, mais qui demeure tout de même très accessible. On pense par moments à AmiinaMarsen JulesJulianna Barwick et School of Seven Bells, sans pour autant copier ni totalement ressembler à l'un de ces derniers. Plusieurs bons éléments qui font d'A Little Fable leur plus récente production, tout comme leur précédente d'ailleurs, des enregistrements hautement rafraichissants et fortement recommandables!

Landscape With a Fairy d'Aspidistrafly extrait de l'album A Little Fable

mardi 27 décembre 2011

Parution de la Semaine - 27 Décembre 2011


Les fidèles complices Trent Reznor et Atticus Ross s'en ont donnés à coeur joie avec la conception de la bande sonore pour la version américaine du film suédois The Girl with The Dragon Tattoo, premier tome de l'adaptation cinématographique de la désormais célèbre trilogie Millenium.

Visiblement inspirés, les 2 comparse ont créés plus de 3 heures de musique sur 3 disques, soit beaucoup plus qu'il en faut pour les fins du film et ce, pour notre bon plaisir! Constamment entre le planant et l'angoissant, on dirait que les pièces de la trame sonore reposent sur un mince fil de fer, tout comme notre santé mentale en écoutant cette œuvre franchement prenante et un peu dérangeante. Sur The Girl with The Dragon Tattoo, on entend des sonorités expérimentales proche du Noise et de l'Ambiant, avec des éléments Rock-industirel et une touche que l'on pourrait aisément qualifier de type Drone. Surpris, pas vraiment, mais que pouvait-on s'attendre d'autre de nos protagonistes, principaux concepteurs derrière la sonorité de la formation Nine Inch Nails? Rien de mieux pour ma part!


En ouverture du disque, la détonante et étonnante collaboration avec la chanteuse Karen O des Yeah Yeah Yeahs avec laquelle ils reprennent Immigrant Song, la très populaire pièce de Led Zeppelin. Avec un montage vidéo aussi flou que futuriste et je dirais avec même autant de distorsion que la pièce en soit, pour venir agrémenter d'autant plus votre écoute. Nécessaire cet exercice de refaire une version américanisée de cette œuvre cinématographique déjà très efficace? Une chose est certaine, The Girl with The Dragon Tattoo a bénéficié d'un tout autre budget, ce qui ajoute au visuel et à l'ambiance générale surtout au niveau de la trame sonore, mais est-ce que ça en fait un meilleur film pour autant, ça, c'est un tout autre débat...

Immigrant Song, reprise de Led Zeppelin avec Karen O

samedi 24 décembre 2011

Plaisir Coupable de Noël 2011


Croyez-le ou non, John Zorn et compagnie nous servent leur version de la musique de noël avec l’album A Dreamers’ Christmas!

Les musiciens et collaborateurs chevronnés de John Zorn se sont réunis pour l’occasion, Marc Ribot, ­Trevor Dunn, Joey Baron, Kenny Wollesen, Jamie Saft et même Cyro Baptista sont tous de la partie, tout comme Mike Patton qui s’en donne à cœur joie avec son interprétation de la pièce The Christmas Song pour la finale du disque. D’autres grands classiques figurent sur A Dreamers’ Chirstmas, comme Have Yourself a Merry Little Christmas, Let It Snow! Let It Snow! Let It Snow! et Winter Wonderland en ouverture, sans oublier quelques compositions originales qui rehaussent définitivement l’enregistrement. Malgré les classiques (pour ne pas dire les sempiternelles même pièces du genre) qui sont au menu, ils sont interprétés d’une manière ou l’on oublie presque c’est un disque de saison, un noël Jazz-contemporain bien sûr, exécuté d’une façon particulièrement originale et réussis.


L'intégral de l'album A Dreamers Christmas gracieuseté de l'émission Spinning On Air sur les ondes de WNYC, la radio publique New-Yorkaise




Sur A Dreamers’ Christmas, John Zorn revisite des grands airs de saison d’une manière assez classique du genre, mais avec juste assez de mordant pour se faire valoir. Donc pas de solos psychédéliques interminables, ni d’envolées lyriques diaboliques, où Patton nous vomit dans le micro des sons gutturaux, rien de tout ça, mais plutôt un bon Jazz-contemporain bien senti entre musiciens surdoués. Un album qui a ses pièces qui ne rappellent en aucun point le gros bonhomme rouge et blanc coca-cola qui livre ses cadeaux par nos cheminées, que l’on peut écouter en dehors de la saison hivernale, surtout pour ses compositions originales et ses arrangements inhabituels pour les pièces connues. Moi qui n’apprécie vraiment pas tellement la musique de noël, ça tenait pratiquement de l’exploit de me faire apprécier ce disque, mais il n’y avait que John Zorn et sa bande pour y arriver!


JOYEUX NOËL À TOUS!

vendredi 23 décembre 2011

Parution de la Semaine - 21 Décembre 2011


The Lights Streaming Through The Sounds est le projet solo de l'artiste Shinpei Kusuzaka, basé près de Yokohama au Japon.


L'album homonyme du projet The Lights Streaming Through The Sounds se présente comme le chaînon manquant entre M83 et la formation islandaise For a Minor Relflection, sinon Mogwai avec des sons synthétiques et une ambiance encore plus éthérée. Depuis ses débuts en 2007, l'artiste a fait paraître 2 maxi soit Sunrise et Lights en 2008, en plus de cette toute nouvelle et plus étoffée création jusqu'à présent. Pas si facile de se mettre la main sur l'album par contre, puisque l'artiste est signé sur Happy Prince, une étiquette indépendante nippone. Le Guitariste a oeuvré au sein de quelques  formations Rock au cours de sa jeunesse, malgré son jeune âge!


L'écoute de l'intégralité de Sunrise, leur premier maxi paru en 2008, est disponible en streaming et en téléchargement gratuit via Amok Recordings, une petite maison de disques ontarienne. The Lights Streaming Through the Sounds a ensuite conçu Lights, un autre maxi en 2010, donc 2 excellent premiers enregistrements sur lesquels quelques pièces ont étés utilisées pour leur plus ambitieux et récent album homonyme. En écoutant ses créations, on pense aussi un peu à Explosions in the Sky et à Do Make Say Think et un peu plus à Six Organs of Admittance, entres autres. Aucun vidéo n'est disponible pour le moment, étonnant tout de même, pour une musique aussi cinématographique, toute en relief et très chargée autant au niveau sonore que sur le plan émotionnel!

dimanche 18 décembre 2011

Parution de la Semaine - 13 Décembre 2011

  
Comme à chaque année, pas facile de trouver des œuvres épatantes autour du temps des fêtes, par chance, Jónsi a signé la trame sonore pour le film We Bought a Zoo que j’estime être de loin supérieure que les prémices du nouveau film de Cameron Crowe!

Jon Por Birgisson, dit Jónsi de son nom de scène, a confectionné plusieurs inédits pour les fins du film, avec Boy Lilikoi tiré de son premier effort solo, une célèbre pièce de Sigur Ros avec la très populaire Hoppípolla, et une un peu plus obscure provenant de son premier maxi, Go Do, qui viennent compléter l’album. We Bought a Zoo est l'une des meilleures bandes originales pour un film familial depuis Where the Wild Things Are, produite par Karen O, la chanteuse des Yeah Yeah Yeahs. Certaines des compositions plus introspectives me font penser au disque Riceboy Sleeps, effort conjoint avec son copain Alex Somers, l’habitué réalisateur de la majorité des enregistrements de Sigur Ros et membre invisible depuis toujours au sein de la célèbre formation islandaise.

Ævin Endar par Jónsi extrait de We Bought a Zoo

Jónsi chante dans sa langue natale ou inventée, également dans la langue de Shakespeare pour ce film américain, chose qu’il avait aussi fait pour Go, son premier disque solo. Les nouvelles pièces sont ni plus ni moins la suite logique de ce qu’il a créé à venir jusqu’à présent. Nécessairement, on ne retrouve rien de tellement étonnant lorsqu’on connait le parcours de l’artiste et son univers musical, mais une belle addition dans son registre déjà impressionnant et de plus en plus étoffé. La bande originale pour We Bought a Zoo est envoûtante au plus haut point, sans être remplie de surprises, elle est bien ficelée et comporte son lot de compositions qui retiennent l'attention et en font une belle addition au registre de Jónsi et sa bande, une autre bonne création typiquement islandaise finalement!

Magnifique animations pour la pièce Gathering Stories

samedi 17 décembre 2011

Parution de la Semaine - 6 Décembre 2011



Ólafur Arnalds et de retour avec un projet intimiste et très personnel avec le court album Living Room Songs, enregistré à sa résidence avec une vidéo pour chacune des 7 pièces que contient le projet.

Après la parution du disque ...And They Have Escaped the Weight of Darkness l’an dernier, personne n’aurait pensé entendre du nouveau matériel du jeune artiste si tôt. En à peine un quart de siècle d'existence et avec déjà 5 enregistrements à son actif depuis le début de sa très prometteuse carrière en 2007, sans oublier 3 trames sonores pour le septième art, le prolifique Ólafur Arnalds revient avec Living Room Songs, un projet autant audacieux que généreux. Initialement paru sous forme de téléchargements gratuits, les 7 pièces qui composent l'album ont étés enregistrées dans l'intimité de son domicile. Les compositions instrumentales de l’artiste islandais sont principalement axées autour du piano et des arrangements à cordes. Le compositeur est visiblement de l’école des minimalistes tout en créant des morceaux très contemporains, qui se font poignants au plus haut point, même que certaines pièces sont tristes comme des champs de bataille après un affrontement. Les subtiles touches d’Électronique ou d’Électroacoustique, se font entendre ici et là et n’enlèvent vraiment rien à la sensibilité de l’instrumentation, elles rehaussent même grandement l’intensité et nous rappellent que c’est un enregistrement de cette année, puisque les compositions du disque Living Room Songs se font intemporelles. Les créations d’Ólafur Arnalds sont apaisantes, certes mélancoliques, mais exécutées toutes en subtilités et en finesse.


Ses compositions me font penser et n'ont rien à envier à ses contemporains comme Max Richter, Sylvain Chauveau et Jon Hopkins. L’écoute de l’album est une expérience intimiste au sein de l’univers créatif d'Ólafur Arnalds, d’autant plus lorsqu'un projet est préparé avec un volet qui incorpore des éléments visuels qui nous permettent d’entrer plus intimement en contact avec l’artiste. Un regard privilégié que nous permet la technologie à travers l’art, à l’image de ses créations musicales, entre le contemporain et l’ancien, le moderne et la tradition. Living Room Songs est bien plus qu’un simple enregistrement parmi tant d’autres, mais plutôt un projet qui regroupe plusieurs formes d’expression artistique pour former un tout stimulant et cohérent, fort à propos à l’ère de la convergence. Ne suffit plus de simplement présenter un nouvel enregistrement pour susciter un engouement, il faut maintenant user d’originalité et d’ingéniosité pour espérer se démarquer et c’est justement ce qu’Ólafur Arnalds réussi brillamment à faire avec son plus récent opus!

La pièce Fyrsta, premier extrait du projet Living Room Songs



Prestation de Near Light avec la soeur et la mère d'Ólafur Arnalds

lundi 12 décembre 2011

Baladodiffusion LFDS - Édition Décembre 2011

On commence l'émission de Décembre des Frères du Son avec la capsule Un Petit Goût de Boulimie, qui est une rétrospective mensuelle des articles publiés ici-même.


Suivie par la capsule Made in Québec, qui revient en force juste avant la fin de l’année 2011, où on vous a sélectionné une myriade de musique créée par des artistes hautement talentueux de chez-nous. Pas facile de sélectionner seulement que 3 fiers représentants de notre diversité musicale, mais notre choix s’est arrêté sur des artistes anglophones qui ont choisis la belle province pour faire carrière.

On commence par la formation Adam & the Amethysts qui arrive avec le touchant album Flickering Flashlight. Sur son deuxième et plus récent disque, le groupe nous sert des ambiances toutes en subtilités, empreintes de mélancolie et issues d’une grande sensibilité. Tel un orchestre de bohémiens, on retrouve des touches d’explorations musicales à travers des arrangements plus conventionnels, un heureux mélange de ballades entrecoupées de quelques éclats de joie, comme la pièce Gitche Gumee Yeah Yeah en fait la preuve. Côté instrumentation, on retrouve guitares acoustiques, piano, quelques fois violon et violoncelle qui enrichissent énormément les arrangements, avec des percussions irrégulières qui prédominent tout au long de l’enregistrement. Combiné à des textes profonds, comme la magnifique composition Adam Called Me Over Christmas, au sujet livré de manière très sentie par Adam Waito, le chanteur de la formation et ancien membre de Miracle Fortress. La juxtaposition de voix féminines et masculines est d’une pure harmonie et d’une beauté comme il s’en fait trop peu. Sur Flickering Flashlight, on retrouve des sortes de valses automnales, tapissées d’une sonorité Folk aux accents exploratoires. Les comparatifs qui me viennent initialement en tête en écoutant ce que fait Adam & the Amythists passent par Patrick Watson pour les subtils arrangements, Frightened Rabbit pour une similarité émotionnelle et même Arcade Fire pour la juxtaposition de voix et l’intensité globale. Le fait que tout ait été enregistré avec les moyens du bord, mais avec une vision de grandeur au niveau instrumental et de la réalisation, c’est ce qui ajoute au charme et à la chaleur de Flickering Flashlight.


Tim Hecker, avec la parution de 2 enregistrements cette année et plus particulièrement son tout nouvel album Dropped Pianos, paru dernièrement, c’est sur celui-là qu’on se concentre aujourd’hui. Malgré le titre qui porte à croire que nous avons affaire à une déconstruction sonore, il est plutôt question des fines ambiances nocturnes, minimaliste et pratiquement méditatives. Au menu, 9 sketches ambiants sans autres titres que Sketch 1-2-3 et ainsi de suite, une série de compositions aux élans expérimentaux, comme seuls les meilleurs arrivent à réaliser.

Producteur musical depuis 1996, à l’époque sous le pseudonyme Jetone, le vancouverois d’origine migre au Québec et se fait rapidement remarquer par le milieu artistique international grâce à ses explorations sonores parfois dissonantes avec des touches Noise et Glitch. Ce chirurgien du son, a étudié l’électroacoustique a minutieusement conçu albums après albums pièces après pièces comme si chacune était sa dernière œuvre. Avec 9 albums sous la ceinture, Tim Hecker est une force créatrice extraordinaire et un artiste qui consolide sa réputation à chaque coup. Après son album Ravedeath 1972, sorti en début d’année 2011, personne n’aurait penser entendre du nouveau matériel de la part de cet habitué du festival MUTEK, ce qui démontre à merveille que Tim Hecker est tout sauf en panne d’inspiration et ce, au plus grand plaisir des auditeurs assoiffés de sonorités inusitées!


Lunice est le projet d’en seul homme, le hip-hopper nouveau genre et montréalais qu’est Lunice Fermin Pierre II, artiste qui fait un genre de Glitch-Hop similaire à Prefuse 73 et Autechre pour son volet Électronica extrêmement bien travaillé, en y incluant même certains éléments 8-bits et n utilisant de nombreux échantillons. Nouvellement débarqué dans le paysage musical, avec son premier album, One Hunned, le producteur nous montre qu’il a définitivement  le beat dans le sang et ses structures sonores sont entraînantes au plus haut point, sans perdre leurs subtilités pour autant, un juste équilibre entre accessibilité et quelque chose d’un peu plus recherché. Lunice est à mi-chemin entre les beatmakers comme Alias et les structures complexes à saveur IDM d’Apparat, avant qu’il ajoute du vocal à ses compositions, puisque ce sont des pièces entièrement instrumentales. One Hunned est un disque riche en influences variés, mais qui demeure original et rafraichissant, un de ces albums très stimulants et qui rehausse la barre pour tous ceux qui prétendent faire du bon Hip-Hop au Québec! 

BONNE ÉCOUTE!

 

Pour la capsule Autopsie de CD, cette fois-ci, un album d’une formation américaine, qui fait un genre de Rock-psychédélique aux élans atmosphériques, passe l'épreuve de notre banc d'essais.


Hooray For Earth, un groupe qui s’est formé à Boston en 2005 avant de se relocaliser à New York en 2009, né autour des compositions du multi-instrumentiste Noel Heroux auquel s’est rapidement joint Christopher Principe à la basse, Gary Benacquista à la guitare et Joseph Ciampini aux percussions et divers instruments. Ensemble, ils font un genre de Noise-Pop, Rock-exploratoire aux accents synthétiques, comparable à Twin Shadow, Memory Tapes et de nombreux autres émules de la formule qualifié de Chillwave ou Indie-Post-Punk, héée qu’on aime ça les étiquettes comme ça! Hooray For Earth a 2 albums à son actif et autant de maxi qui ont connu un succès grandissant depuis les débuts de la formation.

Sur leur plus récent disque, True Loves, paru au début de la saison estivale 2011, ils reviennent avec une sonorité à la fois dense et éthérée, à l’atmosphère aussi mystérieuse que positive avec des pièces aux structures évolutives tout en étant accrocheuses. C’est certain qu’on ne peut s’empêcher d’en venir à des comparatifs avec la musique Pop et New-Wave des années ’80 en écoutant l’album un tant soit peu attentivement. Déroutant par moments par ses sons kitsch, mais traités avec suffisamment de réverbération et de distorsion sur les instruments pour qu’ils ne deviennent pas que de lamentables copies de ce qui s’est fait dans cette décennie. Donc, un clin d’œil, sans être un hommage et c’est très bien comme ça, surtout qu’on retrouve cette influence sur quelques passages seulement et une chance, puisque je me souviens bien assez de cette décennie sans avoir à y revenir trop souvent ni longtemps! Bref, tout ceci fait de True Loves un disque agréable à entendre, sans en faire un enregistrement monumental, quoi que plus qu’acceptable pour avoir été créé de toute pièce, de sa conception jusqu’à son enregistrement, par un seul homme, ce Noel Heroux qui a forcément des racines francophones avec un nom comme le sien et qui est somme toute, une autre belle addition dans le parcours qui commence à être bien étoffé de la part de la formation Hooray For Earth!


Superbe animation très inspirée pour la pièce True Loves, pour laquelle un remixe et un magnifique clip a été réalisé pour le groupe Hooray For Earth par Cereal Spiller, c’est à voir sans faute!

Pour notre Triple à Trois, ce mois-ci on vous fait entendre 3 pièces issues de 3 albums différents d'une formation islandaise. Nous qui sommes souvent attirés par les sonorités du pays, nous voici avec une découverte toute fraiche d’un groupe qui était de passage au Québec pour une prestation dans le cadre d’M Pour Montréal. On parle du quatuor Post-Rock For A Minor Reflection, qui fait un genre de musique similaire à Explosions in the Sky, Godspeed You! Black Emperor et Sigur Ros, d’ailleurs ces derniers ont dit à leur sujet que le groupe avait le potentiel de déclasser Mogwai après les avoir vus réchauffer leurs salles pour une série de spectacle Européens en 2008.
For A Minor Reflection est formé par 4 jeunes hommes dans le début vingtaine à Reykjavik en 2005, qui donnent une prestation énergique qui laisse sa marque sur tout spectateur qui assiste à une de leurs représentations. Quand ils ont commencés à jouer ensemble, les membres du groupe ont brièvement fait une forme d’Indie-Rock, pour muter vers un ensemble Blues avant de trouver le son qu’on leur connait aujourd’hui.

Depuis, ils ont 2 albums aux titres imprononçables et un maxi homonyme auto-produit et paru tout récemment grâce à leur campagne de financement sur la plateforme de mécénat virtuel, Pledge Music. On retrouve fréquemment For A Minor Reflection dans la programmation de l’IcelandAirwaves Festival qui ne faisait pas exception encore une fois cette année, puisque la formation en était à sa cinquième participation et elle a l’opportunité de se produire en spectacle un peu partout sur le globe, tout en demeurant un groupe indépendant, un exploit qui, il y a quelques années seulement, aurait été pratiquement impossible et qui, grâce à la diffusion qu’Internet rend accessible, propage leur musique bien au-delà des territoires scandinaves. Avec du tout nouveau matériel à nous présenter, on peut dire qu’ils ont gagnés en maturité où l’on comprend que nous n’avons vus que la pointe de l’iceberg et que For A Minor Reflection n’a pas terminé de faire travailler notre matière grise... Alors partons de ce pas se réserver des billets sur les ailes d'Icelandair pour la treizième édition du festival l’an prochain!
Les Frères du Son  prennent relâche pour les semaines à venir et pour le temps des fêtes, donc, nous serons un peu moins présents sur le net et un peu plus dans le monde réel. Prenez soin de vous et de vos proches, ne reviendrons dès la fin Janvier et meilleurs vœux pour l'année 2012 à tous!!

dimanche 11 décembre 2011

Les Genres de Chez-Nous - Novembre 2011



Ferriswheel, une formation beaucoup plus mouvementée qu'un tour de grande roue, avec l'album Un Peu Plus Au Nord et Sans Distorsion.

Le quintette montréalais est pratiquement un collectif de rêve, composé par Mathieu Charbonneau (Torngat/The Luyas) au piano et de son frères Philippe à la contrebasse avec Simon Trottier (Timber Timbre) à la guitare, Pietro Amato (Torngat/Bell Orchestre/The Luyasau Cor français, Joshua Zubot au violon et tout ce beau monde est supporté rythmiquement par Olivier Fairfield (FET.NAT/J'envoie), à la batterie. Sur étiquette Arts & Crafts, leur album Un Peu Plus Au Nord et Sans Distorsion est paru le 28 novembre, juste à temps pour venir accompagner nos journées grises avant qu'un tapis de neige illumine un peu plus le décor et rende l'écoute de l'album d'autant plus pertinente et en harmonie.


Le projet instrumental s'est formé en 2007 autour des compositions de Mathieu Charbonneau et Simon Trottier pour créer un premier disque à saveur un peu plus Folk, intitulé Woodsongs From the Backroom. Avec leur plus récent enregistrement, Ferriswheel s'éloigne de ses racines avec la contribution plus présente des musiciens au niveau des arrangements et de l'instrumentation qui se font parfois très prenants et même un peu angoissants sur certaines pistes. La formation nous a créée 7 pièces divisées en 2 côtés (A et B), conçues pour êtres sur vinyles, mais surtout cassettes, la spécialité de la maison de disque E-Tron Records de Gatineau, sur laquelle elle est signée depuis ses débuts. Sur Un Peu Plus Au Nord et Sans Distorsion. on retrouve un genre de chaos structuré par moments et par d'autres, des mélodies épurées, aériennes, vaporeuses et un peu mélancoliques. Avec des crescendos et ses pics émotionnels intenses qui rappellent Godspeed You! Black Emperor et Sigur Ros sur certains passages, mais d'une manière d'autant plus subtile, Ferriswheel ajoute sa propre teinte à une liste d'artistes qui font un genre de Rock-atmosphérique.

dimanche 4 décembre 2011

Chef-D'Oeuvre du Mois - Novembre 2011



Raleigh Moncrief fait germer les bonnes idées avec son album Watered Lawn sur l’étiquette Anticon.


C’est vrai qu’avec des structures sonores qui se situent quelque part entre les Hip-Hoppers déjantés à la Prefuse 73, le volet Ambiant de Baths, le métissage de styles du collectif Saroos et le très présent côté psychédélique à la manière de Panda Bear, on ne sait plus trop sur quel pied danser… Comme certains le diront dès les premières minutes de leur écoute de l’album : C’est pas écoutable! N’empêche que Watered Lawn est définitivement quelque chose d’unique, un peu hermétique et musicalement très dense, mais que pouvait-on s’attendre d’un artiste sur la très créative et éclectique maison de disques AnticonRaleigh Moncrief, quel nom qui ne reste pas tellement bien en bouche, mais surtout, d’où sort ce type, se dit-on, en entendant son enregistrement…


I Just Saw par Raleigh Moncrief


Si ce jeune californien semble surgir de nul-part avec une sonorité originale et déconcertante, c'est que l'ex-musicien de Marnie Sterna travaillé dans l'ombre de certains projets musicaux marquants en réalisant, entres autres, l'album Bitte Orca de la formation Dirty Projectors, en travaillant avec Zach Hill et sur le nouveau disque de Ganglians. Sur Watered Lawn, le très impressionnant premier album de Raleigh Moncrief, on se retrouve dans une ambiance typiquement californienne, éthérée à souhait et directement influencée par Brian Wilson et toute la vague psychédélique à la manière du groupe Animal Collective qui déferle sur l'état américain depuis un certain temps déjà. Avec cet enregistrement, on nage dans des vagues confuses autant que diffuses, de sorte qu'on se sent dans une sorte de rêve éveillé, pas nécessairement un univers rassurant, plutôt une genre de distorsion de la réalité, à l'image des vidéos de Raleigh Moncrief!

Soyez sobres avant de voir le clip de Cast Out For Days de Raleigh Moncrief!

samedi 3 décembre 2011

Parution de la Semaine - 29 Novembre 2011


Masaaki Yoshida, l'homme derrière le pseudonyme Anchorsong arrive enfin à nos oreilles avec Chapters, un premier album complet.

Le jeune nippon d'origine quitte Tokyo pour s'installer à Londres en 2007, après son départ en tant que guitariste d'un groupe Rock, afin de poursuivre une carrière solo et s'arme d'un séquenceur MPC2500 avec un clavier pour créer sa musique devant public. Grâce aux prestations survoltées d'Anchorsong et à ses idées de grandeur, comme d'avoir décidé d'ajouter un quatuor à cordes qui l'accompagne en spectacle en plus de projections pour rendre ses prestations d'autant plus dynamiques, la réputation de l'artiste ne cesse de croître. Depuis, Anchorsong a réchauffé les salles de prestigieuses formations comme Bonobo, Prefuse 73 et Jaga Jazzist, cumulant 3 maxi en chemin, avant d'en arriver à la création de Chapters, son dernier et définitivement son plus grand cru jusqu'à présent!

Ghost Touch & Plum Rain par Anchorsong

Les structures hypnotiques des pièces de l'album Chapters et ses rythmes endiablés en font un enregistrement irrésistiblement entraînant et hautement stimulant. Au programme, des sonorités étonnamment chaudes pour un disque avec autant d'instruments synthétisés. Une parution surprenante de la maison de disques Tru Thoughts, qui commençait à légèrement stigmatiser avec un ensemble d'artistes très homogènes et un peu trop unidimensionnels. Il était temps qu'un vent rafraichissant souffle dans les voiles de l'étiquette, cette bourrasque vient de l'orient et se nomme Anchorsong!


Le plus récent opus d'Anchorsong, contrairement à ses précédentes créations musicales, est complètement instrumental et dépourvu d'échantillons de voix, même si le volatile artiste n'a jamais été un adepte de la technique. On passe par des ambiances Funk, Acid-Jazz aux influences Électro-Rock, un peu à la manière de Tortoise par moments. L'album Chapters est un phare dans l'océan de la musique électronique actuellement, puisqu'il est un de ceux qui allient un peu tous les styles musicaux ensemble et qui rassemble des éléments archi-synthétiques et d'autres beaucoup plus organiques, le tout avec une finesse extraordinaire!

Avant-Goût de l'album Chapters avec une prestation énergique d'Anchorsong