jeudi 25 juillet 2013

Émissions diffusées les samedis @CISM 89,3 dès 21h30


Plus récente émission sur les ondes de la marge, diffusée les samedis de 21h30 à 23h, offerte en streaming et en téléchargement via soundcloud pour plus de flexibilité au niveau de son écoute. En vous souhaitant une agréable expérience remplie de découvertes en ma compagnie!

mercredi 3 juillet 2013

Célébration d'enfant de bois


Lundi 1er juillet, une foule multi-génération et pluri-culturelle, du type, intellectuelle, cultivée et artistique, s’était donnée rendez-vous pour une soirée qui s’annonçait solennelle avec Woodkid sur les planches du Métropolis.


Les programmateurs du Festival de Jazz ont fait un jumelage discutable avec Mozart’s Sister pour venir réchauffer la salle de notre tête d’affiche. La jeune formation est débarquée avec ses structures sonores comparables à celles de Grimes et Lesbians On Ecstasy pour leurs arrangements atypiques, tout en ayant une approche dansante et des éléments Dream-Pop pour l’aspect éthéré de certains passages plus subtils mais ô combien éphémères. Servis avec des harmonies vocales qui rappellent parfois Florence & The Machine, mais avec une intention beaucoup plus Soul et des fions à la Mariah Carey ou Beyonce, qui agaçaient plus souvent qu’autrement les tympans, tout au long de la prestation, la sauce ne prenait aucunement.

UNE CIBLE RATÉE

La prestation de la formation anglo-québécoise tombait à plat et ce, malgré toute l’énergie déployée. Les membres du groupe avaient beau se démener comme des diables dans l’eau bénite, rien n’y faisait. Les interventions inintelligibles et un peu superflues n’ont aidées en rien la cause de Mozart’s Sister en n’arrivant aucunement à retenir l’attention de l’auditoire qui semblait lentement s’impatienter avant d’accueillir Woodkid. Comme nous restions sur notre faim, à ce moment, je n’ai pu m’empêcher de fabuler à une première partie assurée par CocoRosie et surtout, à quel point cet alliage aurait pu être une expérience fantastique, oh well…


La salle était bondée et la foule fébrile à l’idée de ce que l’on allait assister. Nous pouvions bien sûr s’attendre à ces projections majestueuses et à un jeu d’éclairage dynamique. D’emblée, sur scène, nous pouvions déjà contempler les 2 postes de percussions. Les gens qui s’étaient massés au parterre du Métropolis semblaient s’arracher jalousement une parcelle du visuel de cette performance qui promettait d’être grandiose, tant par l’instrumentation et des arrangements, qu’au niveau de la mise en scène, de la part de ce nouveau prodige. Après un entracte qui m’a semblé interminable, le public commençait à trouver le temps un peu long, surtout après avoir attendu l’aboutissement de cette première partie très discutable.

LA COMMUNION

Une foule en délire a accueilli Woodkid dès son entrée en scène. Visiblement touché par ce débordement d’enthousiasme, le français Yoann Lemoine, l'homme derrière le pseudonyme, avait l’air ravi de nous livrer l’intégralité de son premier album, surtout devant un public aussi réceptif! Dès les premières notes de la prestation, il se dégageait une sorte d’atmosphère apaisante avec le ton employé par Lemoine, doté d'une approche toute en humilité et d’une sensibilité envoûtante. Outre les percussions, la section des cuivres se faisait bien présente, en plus du claviériste et d’un autre musicien à la programmation et à la batterie électronique, pour donner une richesse instrumentale sans pareille, de sorte que la section des cordes qui brillait par son absence fût vite oubliée.



La fébrilité créée par les crescendos des pièces et du visuel à grand déploiement suscite probablement l’auditeur moyen à s’ouvrir davantage à un style musical plus étoffé au niveau de l’orchestration et, franchement, personne ne s'en plaindra! Accompagné par de talentueux musiciens, l’univers sonore de Woodkid oscille entre celles de Beirut et d’Antony & the Johnsons en passant par James Blake pour l’approche plus R&B. Malgré la mélancolie omniprésente, l’énergie positive se dégage pratiquement de chacune de ses pièces qui, faut l’avouer, ne peuvent laisser personne indifférent. Ses compositions pourraient être utilisées comme bande originale d’un drame sentimental ou d'un film d'aventure épique, tellement elles sont des épopées musicales du genre cinématographique sonore. Le tout juxtaposé à l’important aspect visuel, l’ensemble fait en sorte que l’artiste se retrouve dans une classe à part. Avec tout l’apport de l’équipe technique qui se cache sous les rouages de cette prestation, ils ont réussis à subjuguer l’imposante foule comme des charmeurs de serpents.




En se faisant catalyseur de l’énergie des spectateurs, Woodkid a fait preuve d'un dynamisme insoupçonné avec une aisance marquée au niveau de ses interventions habiles et comiques, qui ont su accrocher un large sourire aux visages des gens, en allant jusqu’à faire référence à la fête du Canada pour s’amuser de notre réaction collective. Bien que je croyais assister pénard à un représentation relativement calme et apaisante, autant que poignante et planante, elle fût étrangement aussi exigeante qu'énergisante, pendant que notre palette émotionnelle en voyait de toutes les couleurs!

UN RITUEL POST-MODERNE

Avec une étonnante finale qui tourne en une grande messe tribale, pour devenir un rite transcendant fortement participatif baignant dans une surdose de lumières pour n'importe-quel épileptique et pourtant, les spectateurs survoltés en redemandaient. L'irrévérencieux pasteur des temps modernes, Woodkidmodeste d'entrée de jeu, ne s'est pas fait prier pour se transformer en bête de scène durant sa prestation. Visiblement, l'artiste et sa bande étaient un peu dépassés par la réaction déchaînée d'un public qui ne voulait tout simplement pas retourner chez-lui et qui prenait son pied du début à la fin d'une prestation où ils nous en ont donnés plein la gueule, au delà de mes espérances!

samedi 22 juin 2013

La Femme + Peter Peter = Combinaison gagnante!



Jeudi dernier, par une belle fin de journée de presqu’été pendant les Francofolies, un événement à saveur rock synthétique nous attendait dans l’antre du Club Soda pour une soirée toute en émotions, la tête dans un nuage de sons.



D’entrée de jeu, la jeune formation française La Femme est arrivée sur scène avec une assurance digne des meilleurs. Avec leur sonorité résolument rétro, malgré le parc d’instruments électroniques, les membres du groupe, tous en avant-plan aux abords de la scène, nous ont servis un genre de new-wave psychédélique aux accents punk synthétiques ou post-yéyé déjanté à la manière de We Are Wolves et Cougarettes, jusqu’à un certain point. Avec un éventail de claviers et même une thérémine, le ton était aussi dramatique que festif, présenté avec un dynamisme contagieux et un vocal qui nous hante. Ceci étant dit, la barre était déjà haute et la foule sous le charme après le passage de ce sextuor.



Peter Peter et ses musiciens débarquent alors sur les planches du Club Soda, avec une attitude un peu désinvolte de la part de cette version masculine et améliorée de Cœur de Pirate. Dès les premières notes, on a pu sentir une interprétation un peu plus musclée que sur ses albums et le ton était donné pour le reste de la soirée. Avec sa sorte d’électro-pop aux touches rock, très stylisée et actuelle, l’artiste s’est donné corps et âme devant un public qui semblait passer un agréable moment quoi que, pour ma part, j’avais l’impression que La Femme lui avait un peu volé le show avec une prestance et une sonorisation hors du commun.


On m’avait bien averti au sujet des interventions quelque peu douteuses de Peter Peter et, malgré une certaine retenue sentie, cette fois-là ne fût pas l’exception. Par contre, les musiciens de talent qui l’accompagnait, principalement le saxophoniste, nous ont vite fait oublier ce détail. Avec une sonorité qu’on ne retrouve que trop peu souvent en territoires francophones, les pièces se sont enchaînées à un rythme d’enfer et la séquence choisie imposait une certaine fluidité pour l’ensemble du spectacle. Les moments les plus touchants ont étés lorsqu’il s’est retrouvé seul sur scène pour livrer ses chansons, au milieu et la fin du spectacle, où nous pouvions constater toute la sensibilité de l’artiste.


En bout de ligne, devant un auditoire majoritairement du type branché et métrosexuel, mis à part la présence incompréhensible de quelques douchebags et leurs équivalents féminins, qui avaient pratiquement rempli la salle à pleine capacité n’en sont pas ressortis déçus, tant au niveau de sa qualité que pour l’abordable coût de la porte de cette double prestation.

lundi 17 juin 2013

Gros Mené vire à l'envers les Francofolies 2013


Pour la série des nuits rock aux Francofolies, la formation acidulée Gros Mené, formée par le légendaire Fred Fortin et compagnie, nous promettait un show musclé sur la scène du festival, tout comme ils l’avaient fait avec Galaxie l'année dernière.



Une foule bigarrée s’était amassée pour une prestation qui s’annonçait électrisante d’entrée de jeu. Amateurs de gros rock sale purs et durs ont su faire peur aux festivaliers de passage, néophytes de la sonorité typique du Lac Saint-Jean au fur et à mesure que le spectacle avançait. Les plus épivardés ont créés un mosh pit spontané et des séquences de bodysurfing ont même eu lieu à maintes reprises avec le fuzz des guitares d’Olivier Langevin et Joss Tellier, pendant que Pierre Fortin qui tuait ce drum, en plus de la basse bien grasse et grinçante de Fred.



Vous demandez peut-être c’est quoi le buzz avec ça, laissez-moi vous expliquer un peu… Ce quasi mythique groupe est à l’origine d’un véritable mouvement de rock-garage qui a pavé la voie pour Les Dales Hawerchuk, Band de Garage, Mardi Noir et bon nombre de groupes et d’artistes au Québec. Avec son plus récent opus, Agnus Dei, Gros Mené nous offrait un premier album depuis plus d’une décennie. Grâce à une sonorité blues corsée avec une approche un peu grunge, ils ont su se créer une réputation plus qu’enviable dans le milieu de la musique underground d’ici, sans aucune aide des radios commerciales, trop frileuses pour diffuser une musique qui, pourtant, a tout pour accrocher l’auditeur.


Encore un peu méconnu du grand public, Gros Mené avait l’auditoire rêvé en enfilant une brochette de pièces pratiquement sans arrêt issues de ses deux albums devant une foule survoltée. Les gars étaient en grande forme en ne ménageant d’aucune façon les amateurs du genre qui n’ont fait que les nourrir tout au long de leur trop courte heure allouée sur les planches qu’ils ont enflammées!