lundi 12 mars 2012

Balado des Frères du Son - Édition Mars 2012



Pour commencer notre baladodiffusion, on vous propose notre capsule d’Un Petit Goût de Boulimie, qui résume les meilleures et plus récentes sorties de disques qui ont retenues mon attention. Un résumé des articles publiés ici même, qui sont également accessibles via lesfreresduson.com. Ce mois-ci, on vous fait entendre Bill Ryder-Jones avec sa pièce Enlace de son album If…, suivie par la formation Chairlift avec leur chanson Guilty as Charged extraite du disque Something, pour terminer avec le duo électro Alog et leur collage sonore Orgosolo I, de l’album Unemployed.

BONNE ÉCOUTE!
 
Avec notre capsule Made in Québec, on vous propose des artistes locaux qui font de la musique qui se distingue du lot. On commence ce tour d’horizon de notre terroir sonore sans plus tarder avec quelques nouveautés incontournables de chez-nous!

Impossible de passer à côté de Piano Mal, l’album solo de Julien Sagot, percussionniste et à ses heures chanteur pour quelques pièces de Karkwa, un impressionnant premier enregistrement s’il en est un! On l’a connu pour les pièces Pili-Pili et Au-dessus de la Tête de Lilijune qui ressortaient du lot et qui détonnaient de la voix de Louis-Jean Cormier, si bien qu’on le sentait cantonné dans un projet qu’il n’était pas tout à fait le sien. Maintenant dans un projet beaucoup plus personnel, Julien nous arrive avec un album tout en relief, riche autant vocalement qu’au niveau instrumental, puisque Piano Mal est tout sauf un enregistrement qui se concentre uniquement sur une seule facette, un brin mélancolique, certes, mais loin d’être déprimant pour autant. Sagot, de sa voix chaude et profonde nous susurre une poésie sombre avec son accent qui fait bien plus européen qu’autre chose. Le bonhomme est bien entouré, avec Simon Angell, guitariste de Patrick Watson et de la formation suédoise Thus:Owls, avec son approche singulière, qui donne une atmosphère de western spaghetti et de Leif Vollebekk, avec son organe vocal et ses talents de multi-instrumentistes, qui viennent ajouter énormément à l’ambiance globale du disque. Rien qui ne surprendra nécessairement les amateurs de Karkwa, mais il y a quelque chose sur le disque Piano Mal qui se distingue suffisamment de ces derniers pour donner un album rafraichissant. L’un des trop rares enregistrements qui, à mon humble avis, arrive à transcender les époques, les modes et qui réussira sans doute à marquer profondément le paysage musical québécois!

On enchaîne avec le jeune et fort talentueux Jesse MacCormack et sa bande depuis l’époque où le groupe s’appelait Mac avec un «c», lorsqu’ils vendaient leurs enregistrements de manière indépendante pendant leurs spectacles. Aujourd’hui, Mak est signé par l’étiquette de disques L-ABE, tout comme Jean-François Lessard, Vander, Doba et The Blue Seeds, en plus, le disque est distribué par la machine Sélect, donc on peut le retrouver un peu partout. Je suppose que la formation a dû modifier son épellation pour éviter des démêlées judiciaires, probablement suite aux conseils que leur nouvelles maison de disque leur a suggérés. Les riches sonorités et des structures de pièces raffinées sont au menu sur l’album homonyme de Mak. On se retrouve quelque part entre l’ambiance feutrée et très texturé de Patrick Watson et la richesse instrumentale à la sauce Radiohead ou Karkwa avec des paroles anglophones, vues les racines de Jesse, parolier et multi-instrumentiste de la formation. Des ambiances toutes en subtilités et d’une grande sensibilité, livrées avec des harmonies vocales masculine/féminines hautes perchées, avec beaucoup de souffle un peu comme la façon de chanter de Louis-Jean Cormier, chanteur du groupe Karkwa. On pense également à Leif Vollebekk et Armen at the Bazaar, pas seulement pour les similarités de l’aspect vocal, mais aussi pour le volet musical très atmosphérique. Les progressions d’accords sont parfois étonnantes, mais toujours efficaces et recherchés, servies avec une réalisation soignée. Grâce à un habile mélange de Rock-exploratoire, d’éléments Folk et d’Électronica, le disque ressort inévitablement du lot et ce, malgré les influences senties. Avec la qualité et la sincérité déconcertante avec laquelle chaque pièce a été conçue, ce n’est qu’une question de temps avant que Mak laisse une profonde marque sur le monde de la musique au sens large, tellement que c’est une œuvre aboutie et ce n’est qu’un début!

On continue notre capsule avec ce poète des temps moderne, Ivy, notre Slameur équivalent à Grand Corps Malade ou lui serait-il même supérieur, qui revient avec son deuxième album intitulé Hors des Sentiers Battus. Avec une plume aussi inspirée que Martin Léon ou les meilleurs moments de Daniel Boucher, combinée à des textes aussi conscientisés que fort à propos pour venir dépeindre le portrait de nos trains de vie quotidien et de la société actuelle. Habile des mots, Ivy s’amuse à véhiculer ses réflexions avec ses chansons aux arrangements plus étoffés que jamais auparavant, puisque Hors des Sentiers Battus est bien plus qu’un disque de Slam au sens officiel du terme. Une critique sociale, tel un pamphlétaire du nouveau millénaire, Ivy nous a concocté des odes aux malaises de notre manière de vivre d’occidentaux face à l’échec de nos choix, qui viennent bercer les préoccupations des plus allumés d’entres nous. Rares sont les enregistrements qui réussissent à faire aussi efficacement le reflet de nos travers, un peu comme Simon Jodoin l’avait fait sur son disque Folk-Off, mais davantage pour la philosophie partagée que de l’approche fort différente des 2 artistes sur leur forme d’écriture. Loin des discours creux et de la langue de bois, Ivy nous sacre en plein face nos plus beaux côtés comme les plus laids, un peu comme il l’avait fait sur Slamérica, son premier disque, mais avec des arrangements qui rehaussent d’autant plus ses propos!
PIÈCES ENTENDUES DANS CE BLOC MUSICAL
Julien Sagot - Février (Piano Mal)
Mak - Cause to Effect (Mak) 
Ivy - My Name Was (Hors des Sentiers Battus)



Pour notre Triple à Trois du mois de mars, on a décidés de faire ça avec une ambiance feutrée en vous présentant 3 pièces issues de 3 disques différents d’un seul et même artiste qui porte différents noms. On ne le juge pas, à chacun ses fantasmes, mais on parle de quoi au juste, vous demandez-vous probablement...


D’Helios, c'est le projet électro-ambiant-expérimental de Keith Keniff, qui a démarré sa propre maison de disque qui s’appelle Unseen Music, pour chapeauter ses projets, puisque c’est lui aussi qui est derrière le pseudonyme Goldmund et qui se trouve à être la moitié de la formation Mint Julep. Ketih Kenniff créé également de la musique pour le 7e art sous son propre nom et pour Helios, le prolifique artiste américain, originaire de Portland, conçoit une musique instrumentale, aux accents un peu Post-Rock, planante, mais texturée où il utilise occasionnellement des sons environnementaux, comme des chants d’oiseaux, sans se faire Nouvel-Âge pour autant. C’est un genre de Classique contemporain aux accents minimalistes tout en autant diversifié au niveau de l’instrumentation employée.
Projets musicaux par Keith Kenniff - Helios
 
Helios fait une sonorité qui peut aussi bien être écoutée le jour comme le soir, avec ses ambiances toutes en relief, qu’on pourrait comparer à Boards of Canada et Eluvium, jusqu’à un certain point. On peut aussi dire que c’est le principal projet de Kenniff, avec 6 albums à son actif, dont un enregistrement devant public, c’est probablement son volet le plus synthétique, malgré que les instruments acoustiques sont omniprésents. Différent de ses autres projets puisque sous le nom Goldmund, qui est principalement axé autour du piano et qu’avec Mint Julep, le duo qu’il a formé avec sa conjointe Hollie Kenniff, où ils nous proposent une formule plutôt Pop-atmosphérique, mais cette fois avec du chant. Il faut admettre que le musicien ne chôme définitivement pas et qu’avec Helios, il peut se permettre d’explorer l’une de ses facettes les plus complètes et inspirée au plus haut point! En parlant d’altitude, on vous fait entendre la musique planante d’Hélios,sans vous faire attendre plus longtemps.
PIÈCES ENTENDUES DANS CE BLOC MUSICAL
Velius (Unomia)
Rising a Wind (Ayres) 
Cross the Ocean (Unleft)



Avec notre capsule D’Autopsie de CD, on vous décortique un disque d’un artiste réputé, versatile et toujours aussi inspiré, peu importe la forme d’art qu’il décide de prendre pour s’exprimer. C’est évident qu’il n’avait pas vraiment besoin de publicité, mais son volet musical nous interpelle suffisamment pour qu’on ne puisse pas faire autrement que de vous en parler!

On connait évidemment le fameux David Lynch pour ses œuvres cinématographiques complètement déjantées, on sait aussi qu’il est un adepte de la méditation transcendantale, peintre et designer à ses heures, c’est d’ailleurs lui qui a fait la conception de l’architecture de son club privé Silencio, directement inspiré de la boite de nuit du même nom dans son film Mulholland Drive, qui a ouvert ses portes à Paris en octobre 2011 et qui est gratuitement accessible après minuit. Comme si tout ça n’était pas assez, le voici qu’il s’aventure en contrées musicales et tout ce qu’on peut s’imaginer, c’est que ça ne peut être autrement que très particulier. Avec son premier album complet intitulé Crazy Clown Time, paru au mois de novembre 2011, presque 9 mois après avoir accouché de son premier maxi Good Day Today-I Know où on sentait qu’il cherchait musicalement sa ligne directrice, on découvre un enregistrement évidemment très atmosphérique qu’on dirait directement sortie de Twin Peaks, justement, une trame sonore qu’il avait conçue avec Angelo Badalamenti.


L’ambiance est sombre, psychédélique et étonnamment entraînante. C’est un genre de l’Électro de type IDM, proche parent du Trip-Hop, mélangé à du Rock-expérimental où l’on peut entendre des passages vocaux féminins et ce que j’estime être du chant issus de sa propre voix rendue méconnaissable avec les différents filtres utilisés. On imagine que les collaborations n’ont pas dues être difficiles à trouver pour le célèbre réalisateur, donc c’est assez varié sur le plan vocal et musical. Souvent, on croirait entendre Neil Young sous l’effet de drogue dures, tellement que c’est éthéré comme traitement sonore. Au niveau des paroles, Lynch fait passer ses messages et des brides de sa philosophie, particulièrement sur la pièce Strange & Unproductive Thinking. Je comparerais le genre que David Lynch fait à du Death in Vegas ou si Lou Reed collaborerait avec Portishead, pour vous donner une idée de la sonorité de Crazy Clown Time, son premier album complet. Un titre très imagé qui en dit long et qui donne le ton pour les pièces entendues sur le disque, mais je pense qu’on ne pouvait pas vraiment s’attendre à autre chose de la part de l’artiste! Pour vous donner une bonne idée de ce que David Lynch fait musicalement, on a sélectionné 3 pièces de son plus récent album.


PIÈCES ENTENDUES DANS CE BLOC MUSICAL
The Night Bell With Lightning
Pinky’s Dream avec Karen O des Yeah Yeah Yeahs
Good Day Today


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