mardi 10 septembre 2019

CRITIQUE | PY1 – Au-Delà des Échos


Une expérience contemplative dans la pyramide du PY1 – Une fresque artistique et technologique signée Lune Rouge et Guy Laliberté


La première petite pyramide sert de hall d'entrée et de léger apéritif avec son jeu de lumière, des bandes luminescentes dynamiques, disposées à l’oblique qui s’entrecroisent. Aussitôt arrivés dans l'antre de la grande pyramide, une sphère se trouve au beau milieu de la salle. Autour, savamment disposés en cercle, le public prend lentement place dans des sièges inclinés sous un plafond holographique impressionnant et une toile de fond musicale dans la pure tradition du Cirque du Soleil avec ses chants grandioses.


Contrairement à l'ouverture du festival Mutek avec Monolake où l'entrée s'est effectuée dans l’obscurité quasi-totale, les spectateurs sont accueillis par un effet de profondeur épatant avec de multiples couches de projections et une quantité impressionnante de fumée qui reste au plafond grâce à l’écran suspendu. Cette fois-ci, pas de bars de douchebags ou de fouille intrusive à l’entrée et c'est beaucoup plus agréable ainsi ! Normal, puisqu'il s'agit ici d'un événement familial et non d'événements de type boite de nuit que le PY1 accueille de manière ponctuelle.


De prime abord, un ton narratif à la Charles Tisseyre débute cette grande allégorie sur la création de l’univers, la naissance et la destruction de la vie, suivie d'une renaissance qui place l'être humain au centre de tout de manière un peu égocentrique. Bravo pour les basses dignes d’un tremblement de terre, ainsi qu’à l’évolution musicale qui va de l’éthéré au tribal en passant par un grand boucan électronique axé autour du rythme. Moyennement efficace, voire douteux : L'utilisation de projections d’humains au lieu de danseurs présents dans la salle. Certes, il s'agit d'une véritable orgie visuelle où les spectateurs en ont plein la gueule avec un jeu de lumières et de lasers qui se lancent dans un grand feu d’artifices, mais l’âme de dökk par fuse*, au Théâtre Maisonneuve lors de son passage au Mutek, est définitivement manquante. Ce dernier était d'autant plus efficace grâce au facteur humain, sans le ton légèrement moralisateur à saveur sensationnaliste et sans l’aspect spirituellement endoctrinant avec ces nombreux symbolismes. Guy Laliberté serait-il Franc-Maçon ou Illuminati ?


S’il y a une bonne chose du public du Mutek, c'est qu'il sait apprécier et être respectueux, en contraste ici avec avec ce spectacle davantage axé sur le grand public et de ce léger désagrément qui vient inévitablement de pair. On ressort également un peu de notre bulle à cause des montants de la structure qui enlèvent un peu d’efficacité aux projections. Malgré tout l’arsenal technologique dernier cri, l’intention est indéniablement noble, mais le message a peine à passer avec une approche qui désintellectualise le propos initial. Pourquoi ? Faute à un scénario qui fait un peu trop Walt Disney et qui laisse trop peu de place à la libre interprétation en imposant sa vision sur l'existence.



Honnêtement, il serait faux d'affirmer que les gens en sont ressortis ébahis ou transformés, tel qu'annoncé en grande pompe au début du spectacle. Quelques frissons reliés à la musique ici et là sont ressentis, particulièrement vers la finale, avec un sentiment de plénitude qui est davantage l’effet de Patrick Watson entendu à la toute fin de la représentation que le spectacle en soit. C'est une représentation relativement courte (environs 45 minutes) pour le coût d'entrée, surtout lorsque l'on a vécu des expériences bien plus efficaces à la Satosphère pour une fraction du prix, le tout, souvent servi avec beaucoup plus d'audace et d'originalité !

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