mardi 30 octobre 2012

Parution de la Semaine - 16 Octobre


Dan Snaith, mieux connu sous le pseudonyme Caribou (ou pour les vieux de la vieille Manitoba) revient avec une sonorité encore plus orientée sur la piste de danse que jamais avec son nouveau projet nommé Daphni.

Après l'excellent disque Swim qui était déjà plutôt axé sur les structures qui font assurément bouger tout en demeurant à la fois complexes et accessibles, revoici l'artiste qui débarque avec un alter-égo qui semble avoir pour mission de renouveler la scène Techno/House. Avec ses échantillons Soul et ses répétitions caractérisent le style musical, l’album Jiaolong rappelle le disque Unpatterns, la plus récente parution de la formation Simian Mobile Disco, ou est-ce les sillons de Caribou qui ont fait son chemin, la poule ou l’œuf, qui sait?




Des élans de musique tropicale, voire même tribale, jalonnent la mouture de Daphni, qui se permet des excursions en terrain non-familiers pour Caribou. On effleure ce qui pourrait aisément être qualifié du genre IDM, le tout effectué avec subtilité et une dose suffisante d’exploration sonore. Sans réinventer la roue au niveau musical, monsieur Snaith a su insuffler sa touche dans le paysage dédié aux pistes de danses, mais force est d’avouer que si j’entendais plus fréquemment ce type de musique dans les boites de nuit, je serais plus motivé à les fréquenter. Tout compte fait, Jialong de Daphni  est un enregistrement qui ne peut que nous donner le goût de se déhancher avec ses rythmes endiablés et soutenus, ce qui en fait une autre pierre édifiante dans musique électronique et repousse les limites d’un genre habituellement un peu plus conventionnel!

dimanche 12 août 2012

Révélation du Mois - Juillet 2012


Samedi le 21 Juillet, par une chaude soirée d’été après une magnifique journée ensoleillée, s’ajoutait une supplémentaire de la prestation sensorielle de DJ Food, après 2 représentations d’un évènement spécialement conçu pour la Satosphère, la nouvelle salle et le lieu de diffusion multimédia le plus technologiquement avancé en Amérique du Nord, au cœur de la Société des Arts Technologiques (SAT) de Montréal.

 
Son plus récent album, The Search Engine, en est un assez conceptuel à la base, un assemblage sonore à la sauce Trip-Hop avec un mélange d’ambiances Rock aux élans psychédéliques, un voyage à travers l’espace et le temps en quelque sorte. Combiné à l’expérience unique en son genre de projections dans le dôme de la SAT, l’expérience était totale et inoubliable, sans compter mon initiation à ce qui devient, hors de tout doute, ma nouvelle salle fétiche en ville. Avec une panoplie d’haut-parleurs dissimulés dans la structure du plafond de l’endroit à sa disposition, DJ Food, après une courte présentation s’est installé dans la salle, iPad en main, pour contrôler la spécialisation stéréo de ses plus récentes structures musicales, en nous servant l’intégral de son plus récent enregistrement rehaussé par un visuel définitivement hors du commun.

 
Les spectateurs, installés par terre sur des matelas et coussins, ont pu divaguer à leur guise avec leur champ de vision totalement monopolisé par les images projetées. Je ne m’attendais pas nécessairement à une prestation aussi immersive et marquante de la part de l’artiste et c’est bien ce qui s’est transformée en ma révélation de l’été.


Beaucoup plus qu’un simple spectacle, mais une expérience marquante et surtout une révolution au niveau de ma perception de la SAT à venir jusqu’à ce moment-là. Si vous ne connaissez pas déjà l’endroit, je vous le recommande fortement, surtout avec la projection du long-métrage Six Mil Antennas, spécialement conçu pour la salle, à l’affiche pendant tout le mois d’aôut !

lundi 30 juillet 2012

Prestation du Mois - Juillet 2012



Squarepusher, ce bassiste virtuose, magicien des fréquences, est aussi un artiste très LED!



Samedi, le 28 Juillet 2012, restera une soirée gravée dans ma mémoire, comme étant un moment aussi agréable qu’étrange avec le festin audiovisuel que Tom Jenkinson nous avait convié à la Place de l’Homme sur le site du parc Jean-Drapeau, un des évènements majeurs qui soulignent la 10e année d’existence du Piknic Électronik cet été.



Pour l’occasion, j’avais des attentes démesurées et je dois admettre que même les plus folles d’entre elles ont étés comblées. De prime abord, j’avais imaginé une scène un peu plus large pour accueillir un artiste de sa trempe, mais les spectateurs amassés au pied de l’Homme ont vite étés absorbés par la sonorité unique et les effets visuels efficaces de ce musicien ultra-cérébral.


Dès les premières notes de sa prestation, Squarepuher donnait le ton à une expérience pavée d’extrêmes. Un divertissement on ne peut plus stimulant, enivrant, enrichissant, voire élévateur, que l’on puisse assister dans la métropole québécoise. Un massage cervical, si vous voulez, pour une somme modique comme prix d’entrée, c’est un des meilleurs investissements en ville pour tous ceux qui savent apprécier la musique recherchée et qui sort des sentiers battus!



Squarepusher a joué l’intégralité d’Ufabulum, son plus récent album, non sans se permettre quelques modifications tout le long de sa performance. Aussi difficile peut être l’exercice chez certains auditeurs, jasette à l’appui pendant la pièce Red in Blue, la plus atmosphérique du lot et celle qui allège un tant soit peu la prestation. Cette dernière n’a visiblement pas su captiver l’attention d’un bon nombre de spectateurs un peu trop bavard qui peuvent en témoigner...



Bien sûr qu’une musique aussi cérébrale servie sans pratiquement de répit, c’est très demandant, même pour les oreilles les plus averties. Avec, comme l’espéraient ceux qui connaissent un peu mieux l’artiste, un solo de basse pour venir couronner le tout, comme seul cet as de l'instrument à 6 cordes sait si bien le faire! Que demander de plus après un tel bombardement des tympans?



Un second rappel s’est fait attendre, mais n’est jamais arrivé, Squarepusher qui était venu pratiquement saturer l’ouïe de son auditoire, nous en avait déjà mis plein la gueule. Une vraie raclée émotionnelle et énergétique, comme il s’en fait peu et une expérience définitivement hors du commun de la part de ce musicien qui fait partie de ma trinité d’artistes Électro que j’apprécie le plus aux côtés d’Amon Tobin et Aphex Twin! C’est d’ailleurs tout sauf un hasard si un segment de sa pièce Dark Steering se retrouve à servir de thème d’ouverture pour l’émission hebdomadaire des Frères du Son sur les ondes de CISM pendant la saison estivale!


Photos gracieuseté de Noisegatel'un des plus grands talents encore inédits (mais pas pour longtemps) et prometteur de l'univers électro québécois !

dimanche 6 mai 2012

Parution de la Semaine - 1er Mai 2012


Blockhead est de retour avec un autre collage sonore aux couleurs Funk, aux touches toujours légèrement rétro et redoutablement entraînant avec l'album Interludes After Midnight.


Comparable aux plus grands, c'est-à-dire; DJ Shadow, AliasDeru, Sixtoo et RJD2, l'artiste New-Yorkais qu'est  Anthony Simon derrière les commandes de Blockhead, fait une musique aux frontières du Trip-Hop et du Hip-Hop instrumental aux accents Downtempo. Armé d'une panoplie d'échantillons les plus variés les uns que les autres et de ses structures rythmiques ultra efficaces, le DJ nous a confectionné une oeuvre des plus stimulantes, avec une atmosphère nocturne et qui groove comme peu en sont capables.

Blockhead - Interludes After Midnight (Album Minimix) via Ninja Tune

Sachant reconnaître que sa plus grande force n'est pas derrière le micro, mais plutôt en tant que producteur, l'ancien proche collaborateur du rapper Aesop Rock s'est rapidement taillé une place parmi les meilleurs confectionneur de beats pour devenir l'un des plus en demande à l'heure actuelle. En plus de son propre projet qui en est déjà à son cinquième disque et d'innombrables remixes, Blockhead a contribué à certaines pièces de grandes pointures de la scène Hip-Hop underground tels que  Murs et Cage pour ne nommer que ceux-ci. L'album Interludes After Midnight est une autre preuve de l'étendue de son talent et de la maîtrise de son art tels qu'ils sont à l'heure actuelle et réaffirme qu'il rivalise avantageusement avec les meilleures productions de ses pairs, un autre grand cru, mais je n'aurais pas cru le contraire de la part de Blockhead!

jeudi 3 mai 2012

Baladodiffusion des Frères du Son Édition Mai 2012


Une poussée de nouveautés et de découvertes musicales vous attendent à notre plus récente émission afin d'égayer ce printemps qui se fait un peu lent. Une sélection musicale qui, on l'espère, devrait vous en faire voir de toutes les couleurs, en commençant avec notre capsule Style Comme Genre, on explore le genre psychédélique, donc attachez vous casquettes, tuques ou perruques, ça décoiffe un peu!
PIÈCES ENTENDUES DANS CE BLOC MUSICAL
Dustin Wong - Purple Slipped Right (Dreams Say, View, Create, Shadow Leads)
Kishi Bashi - It All Began with a Burst (151a) 
AU - Get Alive (Both Lights)



 BONNE ÉCOUTE!

Pour notre Triple à 3, qui est la capsule qui se tape 3 pièces d’un même groupe ou artiste extraites de 3 albums différents. Pour notre édition printanière, on gambade dans les les près avec Junior Boys, le duo Électro-Pop synthétique originaire d’Hamilton en Ontario formé en 1999 par Jeremy Greespan et Matt Didemus. Après un début chancelant et le départ de Johnny Dark, l’un des membres fondateur du duo, c’est en 2003 que la formation a commencée à se faire remarquer en remixant des pièces de Manitoba à l’époque, aujourd’hui mieux connu sous le nom de Caribou, et de Fennesz.



C’est surtout grâce à Last Exit, leur excellent premier album complet, qui allait donner le ton et établir la réputation pour Junior Boys que le nom a vraiment commencé à circuler. Depuis, ils ont 4 albums sous la ceinture, sans compter les maxis et Body Language Vol.6, une compilation mixte signée par le binôme. Influencés par la scène Techno-minimaliste et du New-Wave comme New Order et les Pet Shop Boys, mais Junior Boys a su se créer une sonorité bien à eux, aussi accrocheuse que travaillée.
PIÈCES DE LA CAPSULE TRIPLE A TROIS SUR JUNIOR BOYS
FM (This Is Goodbye) 
Teach Me How To Fight (Last Exit) 
The Reservoir (It’s All True)

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Avec notre capsule Autopsie de CD, ce mois-ci, on s’est gâtés en choisissant un nouvel enregistrement d’un de nos groupes préférés. Un avant-goût de leur prochain disque qui sort d’ici la fin du mois de mai et l'une des tête d'affiche au prochain festival Osheaga


On parle ce mois-ci de nul autre que Sigur Ros, mais qu’est-ce que je pourrais bien dire sur eux qui n’a pas déjà été dit… Au risque de me répéter, puisqu’on en parlera jamais assez, la formation est menée par Jón þor Birgisson au chant et guitare, mieux connu sous le nom de Jónsi, qui a fait paraître un album solo en 2010 et c’est lui aussi qui a signé la trame sonore du film We Bought a Zoo l’an passé.
 
Sigur Ros s’est formé au mois d’août 1994, avec Georg (goggi) Holm à la basse, Kjartan (Kjarri) Sveinsson aux claviers et Orri Páll Dýrason à la batterie. Ensemble, ils font un genre de Post-Rock très atmosphérique, une musique aérienne, voire cinématographique qui laisse une grande place à l’instrumentation et aux silences. Je dirais même qu’il y a une ambiance quasi mystique qui se dégage de chacune de leurs compositions. Le mythique groupe avait pris une pause indéterminée 1 an après leur dernier album, paru en 2008 et depuis, Sigur Ros a lancé à la fin de l’an passé, le magnifique Inni, une captation de leur dernière tournée immortalisée d’une façon esthétiquement géniale et disponible en format CD-DVD, comme peut en témoigner l'extrait vidéo ci-haut.



On avait vraiment hâte d’entendre du nouveau matériel d’eux, puisque, comme vous le savez déjà, on trouve les œuvres de la formation excellente et on peut seulement prédire que Voltari, leur nouvel album qui parait le 29 mai, sera, comme toujours, à la hauteur de nos attentes démesurées ! Pour l'occasion, on vous fait entendre quelque chose de vraiment spécial, en vous faisant tourner un vinyle lancé pour la journée des disquaire indépendants (le Record Store Day). Ekki Múkk, c’est un maxi exclusif au marché Européen qui contient justement la pièce Ekki Mukk, premier extrait de leur futur album Voltari, suivie par Kvistur, une pièce qui ne se trouve nulle part ailleurs. Profitez-en ma bande de chanceux, gracieuseté des FDS !

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Avec notre capsule Made in Québec, on a sélectionné un trio de groupes de la région qui font de la musique en anglais. Après vous parler d'Elsiane et de Half Moon Run dans cette capsule, on vous propose une autre artiste anglophone. Non mais coudons, on es-tu rendus qu’on a honte de qui l’on est? C’est une question qui vaut la peine de se poser… Mais quand c'est bon, peu importe la langue parlée!

 
Comme avec Patrick Krief, qui roule sa bosse tout simplement sous le nom de Krief avec Hundred Thousand Pieces, son premier album solo au titre qui en dit long. Guitariste virtuose pour The Dears depuis des années, membre de la formation Black Diamond Bay, Krief a pratiquement plongé dans une profonde dépression avant d’accoucher de son disque, probablement son enregistrement le plus personnel et senti qu’il a fait jusqu’à présent!


Après des mois et des heures par dessus heures de travail compulsif sur des détails sonores et musicaux que l’on pourrait facilement qualifier d’obsessionnels, Krief a bien failli laisser tomber son projet et il est allé jusqu’à remettre ses choix de vie en question… Il lui a fallu un peu de recul avant de revenir à la charge, poussé par une impulsion plus grande que lui et convaincu qu’il ne pouvait tout simplement pas mettre les chansons qu’il avait créées de côté et qu’il lui fallait leur insuffler le chant qui leur rendrait justice pour les finaliser. C’est ce qui rend l’album Hundred Thousand Pieces de Krief si exceptionnel et une œuvre aussi percutante, voici un aperçu du résultat!


PIÈCES ENTENDUES DANS CE BLOC MUSICAL
Elsiane - In The Shadows (Mechanics of Emotions)
Half Moon Run - Full Circle (Dark Eyes) 
Krief - Tell Yourself (Hundred Thousand Pieces)



Avant de terminer, on vous annonce que Les Frères du Son seront sur les ondes FM en syntonisant le CISM 89,3 avec une émission diffusée tous les vendredis de 14h30 à 16h, dès le 11 mai et pour toute la saison estivale. Donc vous allez pouvoir nous entendre pour les 17 prochaines semaines à cette même Marge-chaine et à cette même Marge-heure, c'est un rendez-vous!



lundi 30 avril 2012

Parution du Mois - Avril 2012


Moonface est déjà de retour avec Heartbreaking Bravery, entouré par le groupe finlandais Sinai.

Derrière la nom Moonface, c'est le multi-instrumentiste Spencer Krug, qui revient déjà après Organ Music Not Vibraphone Like I'd Hoped, son deuxième très bon album paru l'an dernier qui m'avait permis de découvrir son univers musical et sa voix si particulière, qui est non sans rappeler David Bowie. L'artiste originaire de Colombie-Britannique actuellement établis à Montréal, impliqué dans plusieurs projets musicaux comme Wolf Parade, Sunset Rubdown, Fifths of Seven, Swan Lake et Frog Eyes, on peut donc dire que le musicien ne chôme vraiment pas et termes d'implications et de créations musicales!

Moonface - Lay Your Cheek On Down via The Soundfull


Moonface n'aime vraisemblablement pas perdre de temps avant de s'embarquer dans une autre aventure musicale et la façon avec laquelle il a fait appel au groupe Sinai pour son plus récent enregistrement en est un autre exemple flagrant. Plus musclé que ses autres productions sous le même nom, l'album Heartbreaking Bravery arrive avec une approche du genre Post-Rock, très atmosphérique, des airs accrocheurs, tout en conservant la touche aux claviers et l'essence de ce qu'est Moonface. Plus riche que jamais au niveau de l'instrumentation, les pièces se font parfois dramatiques sans être lourdes pour autant. Je dois avouer que le disque prendra probablement un petit temps d'adaptation de la part de l'auditeur avant d'être en mesure de véritablement accrocher à cette nouvelle mouture, mais les écoutes successives un peu plus approfondies en valent amplement la peine!

Parution de la Semaine - 24 Avril 2012


CFCF est de retour avec l'album Exercices, son album le plus électro-ambiant et texturé qu'il ait fait jusqu'à présent.

Détrompez-vous, pour ceux qui ne connaissent pas déjà, je ne parle évidemment pas de l'ancienne appellation du canal 12 de Montréal, mais plutôt du projet musical du Montréalais Michael Silver qui s'est inspiré du nom du poste de télé pour son pseudonyme. Sur sa plus récente création, CFCF s'éloigne de son style dérivé du mouvement Chillwave, pour se diriger vers quelque chose d'un peu plus subtil et indescriptible. Une genre atmosphérique et synthétique, mais loin d'avoir une sonorité froide pour autant, avec des nappes de claviers un peu rétro, des sons de piano analogiques et des structures poignantes comme il s'en fait trop peu dans le domaine. Majoritairement instrumentales, les compositions de CFCF nous surprennent avec une envolée lyrique sur la pièce September. On se laisse facilement prendre au jeu de l'artiste avec ses structures hypnotiques, une bonne base rythmique et des mélodies accrocheuses.

CFCF - Exercises via Dummy Records


À l'écoute d'Exercises, on pense évidemment à Boards of CanadaDextro et même à Philip Glass, jusqu'à un certain point... Les airs Pop-synthétiques minimalistes du maxi, qui ne dépasse pas la barre des 30 minutes, font en sorte qu'on en redemande et que l'on se demande quelle tangente l'artiste prendra sur son prochain album complet. Déjà qu'après le très bon Continent, son premier disque paru en 2009, il nous avait laissé une forte impression, autant sur les auditeurs que la critique. Actuellement, CFCF a pris un tournant pour le moins inattendu avec cet Exercises, son plus récent disque et je serais prêt à mettre ma main au feu qu'il a tout sauf terminé de nous surprendre et de se réinventer, artiste inspiré et avide de nouvelles avenues musicales tel qu'il est!

lundi 23 avril 2012

Les Genres de Chez-Nous - Avril 2012


Patrick Watson et sa bande de joyeux lurons particulièrement talentueux sont de retour avec Adventures in Your Own Backyard, un quatrième et plus récent opus très réussi.


Entouré par, comme par l'équipe habituelle, composée de Mishka Stein bassiste et multi-instrumentiste, le percussionniste Robbie Kuster et Simon Angell, le guitariste qui l'accompagne depuis toujours, Watson semble inspiré au plus haut point. En plus de ces collaborateurs de longue date, la femme de ce dernier; Erika Angell, chanteuse et membre principale de Thus:Owls, vient y faire un tour de chant sur la pièce Into Giants, l'atmosphère du dernier opus de Watson se fait plus grandiose et éthéré que jamais. Un enregistrement à la fois riche tout en ayant des élans tout en subtilités, d'une grande finesse et sensibilité, d'une candeur et avec un minimalisme telle que seul Patrick Watson en est capable. Les structures des pièces commencent souvent avec lui, seul au piano, s'ajoutent graduellement la guitare à la Ennio Morricone, trompettes pratiquement mariachi, quand ce n'est pas une section de cordes pour venir appuyer d'autant plus son chant très émotif si singulier et réconfortant.

Patrick Watson - Into Giants via Secret City Records

Les harmonies vocales et les mélodies sont, comme toujours, la marque de commerce de Patrick Watson et sa compagnie. Après autant d'années et d'albums, on pourrait croire qu'ils étirent la sauce, mais il n'en est rien, puisqu'ils laissent une plus grande place à l'instrumentation sur Adventures in Your Own Backyard. À première vue, on pourrait penser qu'il s'agit d'un album moins ambitieux que Wooden Arms, leur précédent, un retour vers quelque chose de plus accessible comme Close to Paradise, mais après une écoute approfondie, on se rend compte qu'en fait, c'est un parfait équilibre entre ces derniers. Intimiste à souhait, enregistré à sa résidence au lieu qu'aux 4 coins de la planète, on sent l'artiste en pleine possession de ses moyens, encore plus assumé et mieux entouré que jamais!


dimanche 22 avril 2012

Parution de la Semaine - 17 Avril 2012



Le trio danois Giana Factory arrive avec Save the Youth, son premier album complet avec, en bonis, leur premier maxi et des pièces remixées par Trentemoller, Autolux et Glasvegas, tout un début, si vous voulez mon avis!


Le trio s'est formé en 2008 dans une usine désaffectées de Copenhague par 3 jolie danoises. Lisbet Fritze, Louise Foo et Sofie Johanne, sont Giana Factory, une formation qui a raffiné une sonorité Pop-atmosphérique un peu sombre légèrement ambiante, avant de nous livrer un premier maxi et leur plus récent disque. Sur Save the Youth, elles font un genre d'Électro-Pop similaire aux formations Glasser, Darkness Falls, Esben & the Witch et School of Seven Bells. Le disque vient en prime avec un disque qui contient de pièces remixées et leur premier maxi au complet, preuve que les jeunes femmes assument pleinement ce qu'elles ont faites par le passé et qu'elle sont généreuses au niveau du contenu, ce qui ne peut faire autrement que de laisser un impact chez l'auditeur!



Atmosphérique au plus haut point, sombre, malgré des pointes lumineuses, la musique minimaliste que fait Giana Factory se fait pourtant très prenante. La formation a beaucoup tournée avec des groupes tels que Glasvegas et Trentemoller entre autres. Auparavant un quatuor, les filles se sont départis du seul homme de leur formation, avec le départ de Tomas Barfod, qui s'est joint au projet WhoMadeWho, que l'on pourrait comparer à la formation When Saints Go Machine, pour leur sonorité à la sauce Chillwave. Une chose est certaine, les mélodies de Giana Factory nous hantent dès la première écoute et la formation fait définitivement partie intégrale de l'effervescente scène provenant de la région de Copenhague de ces derniers temps avec la parution de l'album Save the Youth!

mardi 17 avril 2012

Spectacle du Mois - Avril 2012

Lundi 16 Avril, par une soirée particulièrement chaude et humide, Gonzales nous avait préparé une représentation de son volet Hip-Hop orchestral dans le luxueux Théâtre Rialto, de Montréal pour nous interpréter les pièces de sa plus récente fresque sonore, The Unspeakable Chilly Gonzales.

L’antre du chic Rialto était l’endroit de prédilection pour accueillir le personnage faussement hautain, véritable virtuose et bête de scène sans pareil. Son plus récent album est à la fois une satire et un hommage au Rap, mais Gonzales le fait à sa manière, cérébrale et un peu nerd au niveau des paroles. Le charismatique artiste se présente sur scène en pantoufles, pyjama et robe de chambre pour faire fi des étiquettes et surtout, créer un énorme contraste aux arrangements grandioses de ses plus récentes compositions. Accompagné par un quatuor à cordes, rebaptisé pour l’occasion le Fuck Luck Orchestra, le pianiste disposait des musiciens à sa guise en leur faisant interpréter du Gowan en passant par Queen et même la chanson thème de la série Night Rider y est passée! Le personnage de Chilly Gonzales, avec toute sa mégalomanie a pu jouir de pouvoir leur imposer pratiquement n’importe-quoi, toujours dans l’extrême limite du bon goût, tout comme les propos empruntés ainsi que l’univers lyrique sur son plus récent album, qui est tout sauf comparable à Soft Power, un de ses disque précédents.

The Unspeakable Chilly Gonzales (Medley) via chillygonzales
   
On connait Gonzales surtout pour son album Solo Piano et ses nombreuses contributions pour les arrangements des chansons d’artistes célèbres, tels que Feist, Peaches et SoCalled. Pendant son énergique prestation, servie avec beaucoup d’autodérision, il leur a bien sûr fait allusion, même que Steve Jobs y est passé, en mentionnant sa célèbre pièce utilisée pour mousser les produits Apple, le tout avec une sorte d’humour cinglant et une aisance déconcertante sur les planches comme au piano. Tout un personnage, nous avons même eu droit à sa théorie selon laquelle les notes et accords majeurs sont découlent de la droite conservatrice et sont associés à l’élite, tandis que les mineurs sont réservés aux minorités et la gauche, selon les dispositions des mains sur le clavier, pas si fou que ça quand on y pense! L’artiste extravagant a même appelé certains spectateurs pour leur donner des leçons de piano à sa façon et s’est ensuite laissé accompagner par ceux-ci le temps d’une chanson…


Une véritable boule d’énergie, Chilly Gonzales suait à grosses gouttes et bondissait littéralement de son banc dans l’enceinte de théâtre bondé à guichet fermé. Pour le rappel, pourquoi pas quelques pièces en solo, la tête sous le piano et les mains habiles sur le clavier, pour nous démontrer toute sa virtuosité! Quel énergumène, mais très généreux de sa personne, tant au niveau de l’énergie déployée dans sa prestation qu’au niveau de la durée du spectacle qui en valait amplement la peine (quoi qu’étant détenteur du record mondial pour la durée d’une prestation, c’est probablement pas étonnant de sa part!), surtout pour le prix très raisonnable de l’entrée! Peut-être est-il un humble fou après tout?

dimanche 15 avril 2012

Parution de la Semaine - 10 Avril 2012


L’artiste de descendance asiatique Kishi Bashi débarque avec 151a, un album aux ambiances islandaises très texturées et hautement ensoleillées.

Avec un titre comme 151a, de prime abord, on pourrait penser avoir affaire avec un enregistrement froid, axé sur l’électronique de type IDM et expérimental, mais ce n’est vraiment pas le cas, à part pour le volet exploratoire, tout en demeurant accessible de la première à la dernière pièce du disque. Pour décrire l’ambiance ressentie et les influences perceptibles sur l’œuvre de Kishi Bashi, pour le volet vocal; c’est un peu comme si Belle and Sebastian rencontrait du vieux Paul McCartney et même Son Lux, Jonsi et Sigur Ros, surtout au niveau de la richesse des arrangements. C’est un genre d’Indie-Rock orchestral, généralement très lumineux, avec des pointes d’Électro, des harmonies vocales aériennes entre des moments un peu plus rétro, où l’on pourrait se croire dans les années ’60, une musique vaguement psychédélique et toujours multidimensionnelle, jamais banale.


Sur 151a, on retrouve des éléments à la manière d’Animal Collective et de ses nombreux dérivés, donc des influences de Brian Wilson sont de la partie. Des textures éthérées qui nous surprennent pratiquement à chaque composition, puisque le registre de Kishi Bashi est assez varié, tout en gardant un bon fil conducteur tout au long de l’enregistrement. Le multi-instrumentiste, est musicien pour plusieurs formations réputés comme Jupiter One, Of Montreal, Dearhoof et Loney Dear (pas tout en même temps, quand-même!) et il a aussi été violoniste pour Regina Spektor, on comprend que son savoir-faire est très sollicité par la communauté artistique et qu’il est actif comme pas un! Après Room for Dream, son très prometteur maxi qu’il avait fait paraitre en 2011, son premier album complet, l’ambitieux 151a, démontre que Kishi Bashi a beaucoup de talent et possède une sorte de sagesse musicale peu commune et qu’il sait définitivement bien s’entourer!

mardi 10 avril 2012

Baladodiffusion des Frères du Son - Édition Avril 2012




Pour l'édition d'avril de la balado des Frères du Son, nous vous avons concocté une émission remplie de nos plus récentes découvertes musicales et bourrée de nouveautés les plus rafraîchissantes les unes que les autres! Une diffusion bien de saison, mais rien de trop sucré, comme nous en avons l'habitude, juste suffisamment pour être à la fois riche et divertissante à entendre et ce, même sans poisson!

Un paquet d'artistes et de formations musicales dont je vous ais parlé ici même sont entendus ce mois-ci... Je ne vous republierai pas bêtement les articles déjà parus, mais je vais plutôt seulement écrire sur ce qui ne l'a pas déjà été...

BONNE ÉCOUTE !

Avec notre Triple à 3 du mois d’avril, on a décidé de se taper un projet d’un français qui, comme bien souvent, malgré le fait qu’il french bien, il aime mieux faire ça en anglais, sans trop qu’on comprenne pourquoi… À ce stade-ci, vous devez bien vous demander qu'est-ce que je raconte... On parle de M83, le groupe avec des paroles dans la langue de Shakespeare, qui fait un genre d’Électro-pop, Rock-planant aux penchants ambiants fondé en 2001 par le français Anthony Gonzalez. M83 s’est fait connaître en remixant des pièces de Depeche Mode, Placebo, Bloc Party, et Goldfrapp, avant de devenir un nom un peu plus commun. 



Au départ, c’était un projet commun avec Nicolas Fromageau, qui a quitté la formation depuis Dead Cities, Red Seas & Lost Ghosts, leur excellent deuxième disque lancé en 2003 et depuis, Anthony Gonzalez s’est entouré de son frère Yann, du batteur Loic Morin et par la chanteuse Morgan Kibby qui viennent ajouter énormément à la diversité et la richesse sonore d’M83. Le groupe a créé 6 albums depuis ses débuts qui ont tous eût un grand succès d’estime, autant par les critiques que par les amateurs de musique en marge des grands courants populaires, mais au niveau d’une plus grande diffusion radiophonique et leur apparition dans les palmarès de ventes, il va falloir attendre Hurry Up, We're Dreaming, leur plus récent et très bon album double, qui est sorti au mois d’octobre 2011. Maintenant, on retrouve M83 sur plusieurs listes des meilleures parutions et les critiques, comme la blogosphère, encensent le groupe comme jamais auparavant et avec raison!

PIÈCES ENTENDUES DANS CE BLOC MUSICAL
Unrecorded (Dead Cities, Red Seas & Lost Ghosts)
Skin of the Night (Saturdays Equals Youth)
Midnight City (Hurry Up, We’re Dreaming)


À voir sur le site des Frères, notre entretiens avec Marc Leclair, mieux connu sous le pseudonyme Akufen, un des pionniers dans la technique de micro-échantillonnage. Ce fût un honneur et un plaisir de réaliser une entrevue avec ce véritable pilier du MUTEK et de la scène Électro montréalaise. Nous l'avons rencontré lors de son passage à L'Igloofest l'an dernier, nous en avons profité pour lui parler de ses débuts et de ses projets à venir, ne manquez pas ça!

dimanche 8 avril 2012

Les Genres de Chez-Nous - Avril 2012


Le duo Montréalais Elsiane est enfin de retour après 5 longues années avec un nouvel album tout en relief intitulé Mechanics of Emotions.

Leur nouveau disque est nommé à juste titre, puisque c’est un enregistrement avec des paroles et une un chant à fleur de peau de la part d’Elsianne Caplette jumelé aux rythmes pratiquement tribaux et aux touches latines du multi-instrumentiste Stéphane Sotto. La manière qu’Elsiane utilise sa voix n’est pas accessible pour toutes les oreilles, j’en conviens, puisqu’on peut parfois avoir l’impression d’entendre des miaulements, mais pour ma part, faut croire que c’est mon côté félin qui ressurgit d’une vie antérieure, puisque ça m’interpelle énormément! L’album Mechanics of Emotions, c’est une ambiance un peu sombre avec une approche Électronica, même si les éléments acoustiques prennent une très grande place, puisqu’il se distancie de ce que l’on pouvait entendre sur Hybrid, leur disque précédent qui était beaucoup plus près de l’école de pensée apparentée au Trip-Hop. Les amateurs ne peuvent aucunement être déçus de la plus récente création d’Elsiane, malgré qu’elle diffère considérablement de la précédente et je suis convaincu qu'elle viendra conquérir de nombreux nouveaux adeptes! L'évènement-lancement se fait au Club Soda, mercredi 18 Avril @19h30 et on nous promet une performance très atmosphérique, où la formation renouera avec son public, ne passez pas à côté de leur disque ni leur spectacle!


Mechanics of Emotions, c’est un album définitivement atmosphérique, avec des percussions variées et plus diversifié que jamais au niveau des chemins musicaux empruntés.  On ressent l’influence de musique du monde très variée dans le travail de Sotto, pour les arrangements qui se font Worldbeat, jusqu’à un certain point, pour utiliser le jargon d’un disquaire. Au niveau lyrique, on sent que les individus au sein du binôme ont eût plus que leur part d’obstacles et de tourmente avant d’accoucher de ce nouvel opus. Sur le plus récent d'Elsiane, une mélancolie palpable est omniprésente, particulièrement sur la pièce Nobody Knows, mais faut croire que toute cette souffrance a le mérite d’être inspirante si on se fie aux tapisseries sonores entendue sur Mechanics of Emotions. Elsiane a conçu un album qui, sans l’ombre d’un doute, malgré le fait qu’il soit quelque peu inégal, comporte des pièces extrêmement fortes comme sur la pièce titre du disque, In the Shadows, Time for Us et Underhelped, leur premier extrait rehaussé par un clip très stylisé que voici!