mardi 17 avril 2012

Spectacle du Mois - Avril 2012

Lundi 16 Avril, par une soirée particulièrement chaude et humide, Gonzales nous avait préparé une représentation de son volet Hip-Hop orchestral dans le luxueux Théâtre Rialto, de Montréal pour nous interpréter les pièces de sa plus récente fresque sonore, The Unspeakable Chilly Gonzales.

L’antre du chic Rialto était l’endroit de prédilection pour accueillir le personnage faussement hautain, véritable virtuose et bête de scène sans pareil. Son plus récent album est à la fois une satire et un hommage au Rap, mais Gonzales le fait à sa manière, cérébrale et un peu nerd au niveau des paroles. Le charismatique artiste se présente sur scène en pantoufles, pyjama et robe de chambre pour faire fi des étiquettes et surtout, créer un énorme contraste aux arrangements grandioses de ses plus récentes compositions. Accompagné par un quatuor à cordes, rebaptisé pour l’occasion le Fuck Luck Orchestra, le pianiste disposait des musiciens à sa guise en leur faisant interpréter du Gowan en passant par Queen et même la chanson thème de la série Night Rider y est passée! Le personnage de Chilly Gonzales, avec toute sa mégalomanie a pu jouir de pouvoir leur imposer pratiquement n’importe-quoi, toujours dans l’extrême limite du bon goût, tout comme les propos empruntés ainsi que l’univers lyrique sur son plus récent album, qui est tout sauf comparable à Soft Power, un de ses disque précédents.

The Unspeakable Chilly Gonzales (Medley) via chillygonzales
   
On connait Gonzales surtout pour son album Solo Piano et ses nombreuses contributions pour les arrangements des chansons d’artistes célèbres, tels que Feist, Peaches et SoCalled. Pendant son énergique prestation, servie avec beaucoup d’autodérision, il leur a bien sûr fait allusion, même que Steve Jobs y est passé, en mentionnant sa célèbre pièce utilisée pour mousser les produits Apple, le tout avec une sorte d’humour cinglant et une aisance déconcertante sur les planches comme au piano. Tout un personnage, nous avons même eu droit à sa théorie selon laquelle les notes et accords majeurs sont découlent de la droite conservatrice et sont associés à l’élite, tandis que les mineurs sont réservés aux minorités et la gauche, selon les dispositions des mains sur le clavier, pas si fou que ça quand on y pense! L’artiste extravagant a même appelé certains spectateurs pour leur donner des leçons de piano à sa façon et s’est ensuite laissé accompagner par ceux-ci le temps d’une chanson…


Une véritable boule d’énergie, Chilly Gonzales suait à grosses gouttes et bondissait littéralement de son banc dans l’enceinte de théâtre bondé à guichet fermé. Pour le rappel, pourquoi pas quelques pièces en solo, la tête sous le piano et les mains habiles sur le clavier, pour nous démontrer toute sa virtuosité! Quel énergumène, mais très généreux de sa personne, tant au niveau de l’énergie déployée dans sa prestation qu’au niveau de la durée du spectacle qui en valait amplement la peine (quoi qu’étant détenteur du record mondial pour la durée d’une prestation, c’est probablement pas étonnant de sa part!), surtout pour le prix très raisonnable de l’entrée! Peut-être est-il un humble fou après tout?

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