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lundi 6 février 2012

Chef-D'Oeuvre du Mois - Janvier 2012


Impossible de passer à côté de Piano Mal, l’album solo de Julien Sagot, percussionniste et à ses heures chanteur pour quelques pièces de Karkwa, un impressionnant premier enregistrement s’il en est un!

On l’a connu pour les pièces Pili-Pili et Au-dessus de la Tête de Lilijune qui ressortaient du lot et qui détonnaient de la voix de Louis-Jean Cormier, si bien qu’on le sentait cantonné dans un projet qu’il n’était pas tout à fait le sien. Maintenant dans un projet beaucoup plus personnel, Julien nous arrive avec un album tout en relief, riche autant vocalement qu’au niveau instrumental, puisque Piano Mal est tout sauf un enregistrement qui se concentre uniquement sur une seule facette, un brin mélancolique, certes, mais loin d’être déprimant pour autant. Sagot, de sa voix chaude et profonde nous susurre une poésie sombre avec son accent qui fait bien plus européen qu’autre chose. Le bonhomme est bien entouré, avec Simon Angell, guitariste de Patrick Watson et de la formation suédoise Thus:Owls, avec son approche singulière, qui donne une atmosphère de western spaghetti et de Leif Vollebekk, avec son organe vocal et ses talents de multi-instrumentistes, ajoutent énormément à l’ambiance globale du disque.


C’est certain qu’on peut tracer des liens avec les débuts de Jean Leloup, jusqu’à un certain point, surtout pour l’accent, mais c’est beaucoup plus musicalement aventurier avec des structures de pièces pour oreilles averties. Rien qui ne surprendra nécessairement les amateurs de Karkwa, mais il y a quelque chose sur le disque Piano Mal qui se distingue suffisamment de ces derniers pour donner un album rafraichissant. Visiblement, les gars s’en sont donnés à cœur joie en studio et ils avaient toute la latitude nécessaire pour créer en toute liberté, signés par la nouvelle maison de disques, Simone Records, mise sur pied par Sandy Boutin, le gérant de Karkwa et l’instigateur du Festival de Musique Émergente en Abitibi, qui d'ailleurs, en est déjà à sa 10e édition cette année, gageons qu'elle sera remplie de surprises et surtout, une cuvée à ne manquer sous aucun prétexte... Mais revenons à nos moutons, avec le disque Piano Mal qui est l’un des trop rares enregistrements qui, à mon humble avis, arrive à transcender les époques, les modes et qui réussira sans doute à marquer profondément le paysage musical québécois!

mercredi 1 février 2012

Baladodiffusion des Frérots Édition Février 2012



Pour la balado mensuelle des Frères du Son, édition de février, on vous sert une autre émission haute en couleurs! On a sortis nos meilleures découvertes pour vous faire momentanément oublier les pires températures que l’hiver peut nous faire subir, les temps froids et gris, mais aussi rendre vous journées ensoleillées encore plus lumineuses!


Avec cette capsule d’Une Note Vaut Mille Mots, on vous propose une brochette de musique instrumentale bien relevée, comme on les aime et la capsule commence comme suit:

Avec The Field, c’est le projet du producteur de musique électronique suédois, Axel Willner, qui fait dans le genre Techno-minimaliste, aux accents Ambiants-exploratoires. Depuis ses premiers enregistrements en 2005, The Field a accumulé 3 albums sur l’étiquette Kompakt, pour devenir l’une de ses têtes d’affiches. C’est un expert en succession de couches sonores qui forment des structures complexes et denses, tout en étant hypnotiques et aériennes, avec des touches de claviers rétros à la sauce New-Wave, un peu comme le font Nicolas Jaar, M83 et la formation Walls, par exemple. Au niveau de la polyrythmie et ses accents expérimentaux mais dansants, je pense à Four Tet et Apparat, entre autres. The Field a probablement conçu son œuvre la plus aboutie avec la sortie de Looping State of Mind en 2011, qui allie tous les éléments de ce qu’il fait de mieux et les meilleurs trucs qu’il nous cachait dans ses manches jusqu’ici, un très bon disque d’une série d’albums qui ne donnent pourtant pas leurs places!

Holy Other, un bel exemple de la Pop qui s’accapare des éléments Dubstep, c’est particulièrement intéressant quand c’est réussi comme c’est le cas avec cette formation anglaise, qu’on pourrait aussi qualifier de Witchouse, vu l’aspect déstabilisant et l’ambiance mystérieuse qui émane de leurs univers sonore. Holy Other mélange l’euphorie de la musique House, mais avec une approche plus downtempo, des rythmes patraques du monde du Dubstep combinés à la sensualité du R&B. Bien peu de choses peuvent être dites en lien avec le projet musical et puisque comme c’est souvent le cas dans le style, on n’en dévoile pas trop, question de laisser planer le mystère. Finalement, Holy Other fait sur With U, leur premier maxi, un genre musical qui se rapproche des formations Esben & the Witch, Nedry et tous les dérivés du style rétro-futuristes à la James Blake, quelque chose d’un peu étrange tout en étant particulièrement accessible.

Avec le pianiste et compositeur Italien Ludovico Einaudi, qui fabrique des compositions Néo-Classiques instrumentales souvent rehaussées par des arrangements pour quatuor à cordes. Ses structures sont dérivées de l’école de pensée des minimalistes et sont tout simplement sublimes avec une approche en toute sensibilité. Les pièces de l’album Divenire, sa plus récente création, ont juste assez d’audace pour ne jamais verser dans le kitsch, contrairement à la majorité qui tombe dans le piège. Ludovico Einaudi joue toujours entre les textures toutes en relief et les subtilité, son style est non sans me faire penser à Thomas Newman, Goldmund, Max Richter et Olafur Arnalds. Ce dernier se retrouve d’ailleurs à être aisément une autre de mes découvertes musicales les plus marquantes de l’année 2011, un très bon cru.

PIÈCES ENTENDUES DANS CE BLOC MUSICAL
The Field - Arpeggiated Love (Looping State of Mind)
Holy Other - Know Where (With U) 
Ludovico Einaudi - Rose (Divenire)


BONNE ÉCOUTE!


Avec cette Capsule sur la musique du 7e Art, nous vous présentons les 3 meilleures trames sonores de l’année selon nos oreilles. Faut préciser que nous prenions en considération que les œuvres originales d’un seul et même artiste et non les bandes originales d’artistes variés. Voici pour votre bon plaisir et le nôtre, la chronique sur la musique de film qui nous a le plus interpellée cette année. Avant de commencer, je tiens à dire que cette courte liste n’était pas facile à sélectionner, puisque les choix étaient nombreux et que peu étaient retenus, mais tout de même, on y va de notre top 3.

En 3e position de ce mini palmarès, on retrouve Trent Reznor & Atticus Ross avec leur enregistrement épique pour le film The Girl With the Dragon Tattoo. Visiblement inspirés, les 2 comparses ont créés plus de 3 heures de musique sur 3 disques, des atmosphères constamment entre le planant et l'angoissant, on dirait que les pièces de la trame sonore reposent sur un mince fil de fer, tout comme notre santé mentale en écoutant cette œuvre franchement prenante et un peu dérangeante. Sur The Girl with The Dragon Tattoo, on entend des sonorités expérimentales proche du Noise et de l'Ambiant, avec des éléments Rock-industriel et une touche que l'on pourrait aisément qualifier de type Drone. Surpris, pas vraiment, mais que pouvait-on s'attendre d'autre de nos protagonistes, principaux concepteurs derrière la sonorité de la formation Nine Inch Nails? Rien de mieux pour ma part! Est-ce que c’était nécessaire de refaire une version américanisée de de l'adaptation cinématographique suédoise déjà très efficace du premier tome de la célèbre trilogie Millenium? Une chose est certaine, The Girl with The Dragon Tattoo a bénéficié d'un tout autre budget, ce qui ajoute au visuel et à l'ambiance générale surtout au niveau de la trame sonore, mais est-ce que ça en fait un meilleur film pour autant, ça, c'est un tout autre débat...
 
En deuxième position, Jónsi qui a signé la trame sonore pour le film We Bought a Zoo que j’estime être de loin supérieure que les prémices du nouveau film de Cameron Crowe! Jon Por Birgisson, dit Jónsi de son nom de scène, a confectionné plusieurs inédits pour les fins du film, avec Boy Lilikoi tiré de son premier effort solo, une célèbre pièce de Sigur Ros avec la très populaire Hoppípolla, et une un peu plus obscure provenant de son premier maxi, Go Do, qui viennent compléter l’album. We Bought a Zoo est l'une des meilleures bandes originales pour un film familial depuis Where the Wild Things Are, produite par Karen O, la chanteuse des Yeah Yeah Yeahs. Certaines des compositions plus introspectives me font penser au disque Riceboy Sleeps, effort conjoint avec son copain Alex Somers, l’habitué réalisateur de la majorité des enregistrements de Sigur Ros et membre invisible depuis toujours au sein de la formation islandaise. Jónsi chante dans sa langue natale ou inventée, également dans la langue de Shakespeare pour ce film américain, chose qu’il avait aussi fait pour Go, son premier disque solo. Les nouvelles pièces sont ni plus ni moins la suite logique de ce qu’il a créé à venir jusqu’à présent. Nécessairement, on ne retrouve rien de tellement étonnant lorsqu’on connait le parcours de l’artiste et son univers musical, mais une belle addition dans son registre déjà impressionnant et de plus en plus étoffé. La bande originale pour We Bought a Zoo est envoûtante au plus haut point, sans être remplie de surprises, elle est bien ficelée et comporte son lot de compositions qui retiennent l'attention et en font une belle addition au registre de Jónsi, une autre excellente création typiquement islandaise finalement!
 
En première position, c’est les Chemical Brothers qui remportent la palme avec leurs compositions pour le film Hanna. Un peu comme la formation Daft Punk l’a faite pour le film Tron, il s’agit ici de quelque chose de très différent de leur registre habituel! Les Chemical Brothers ont conçus des nappes sonores toutes en reliefs et en subtilités, beaucoup plus angoissant et prenant que le travail auquel Tom Rowlands et qu’Ed Simons  nous ont habitués et c’est tant mieux! Cette fois, les frères chimique ont joués d’audace et ça leur va à merveille, je dirais même que c’est ce qu’ils ont fait de plus poignant, à la fois relevé et planant, plus expérimental que jamais auparavant. Au menu sur la bande originale d’Hanna, on retrouve des pièces qui accompagnent à merveille et rehaussent d’autant plus les images du film, telle est la mission d’une trame sonore réussie. Les Chemical Brothers ont visiblement pu se permettre de sortir de leur zone de confort, en préservant la touche qui leur est propre, pour créer une rupture avec leurs disques précédents et réussir à emmener une partie de leur auditoire ailleurs, preuve d’une belle évolution et d’une grande ouverture créative de leur part… Tout ça fait de la trame sonore d’Hanna 50 minutes de pur bonheur!

PIÈCES ENTENDUES DANS CE BLOC MUSICAL
 Trent Reznor & Atticus Ross - The Splinter (The Girl with The Dragon Tattoo)
Jónsi - Ævin Endar (We Bought a Zoo)
Chemical Brothers - Interrogation/Lonesome Subway/Grimm's House (Hanna)
  


Pour cette capsule de Style Comme Genre, cette fois-ci, nous avons décidés de vous parler du style bien particulier relié à un endroit et une époque précise et qui revient avec l’explosion des styles musicaux qu’on connait depuis plus d’une décennie. On parle du style Krautrock, une expression utilisée dans le jargon du milieu musical pour identifier une vague Rock-progressive, Électro-expérimentale, aux accents psychédéliques avec des emprunts au Jazz et au style cabaret en provenance de l’Allemagne de l’Ouest. C’est un genre qui a fait surface à la fin des années ’60, popularisé principalement en Grande-Bretagne autour des années ’70 et un terme largement utilisé par John Peel, le légendaire animateur radio à la BBC. Les artistes les plus connus associés avec la scène de l’époque passent par Tangerine Dream, Kraftwerk, Popol Vuh, Can et Neu! Tous des groupes qui étaient en réaction à un genre de filtre musical imposé par le régime politique en place de l’époque et une période où les allemands étaient en recherche d’une identité culturelle qui leur est propre. Leurs créations ont influencés la sonorité de groupes réputés comme Tortoise, Stereolab, Wilco (surtout sur l’album Yankee Hotel Foxtrot) et Mouse On Mars, pour ne nommer que ceux-ci.


On débute cette capsule thématique avec Brandt Brauer Frick Ensemble, c’est un trio axé autour de la rythmique, avec des structures qui nous martèlent même parfois un peu les tympans. Au menu sur l'album Mr. Machine, des arrangements complexes, avec un jeu distinctif qui me rappellent Igor Boxx (membre de la formation Skalpel) probablement pour l’aspect Krautrock, vues leurs influences et l’origine allemande de la formation. Un bon coup d’audace de la part de l’étiquette germanique !K7, celle-là même qui est derrière la série DJ Kicks, d’avoir signé ces talentueux artistes, aussi inspirés que rafraichissant dans leur démarche créative. C’est un bon exemple que le marché de la musique est ouvert face à l’évolution des goûts du public et qu’ils sont prêts à prendre des risques dans leur choix, ayant tout à gagner à agir ainsi, puisque les auditeurs démontrent qu’ils sont réceptifs à de nouvelles sonorités.



Suivie par une découverte de cette année, avec un album redistribué au Canada en 2011, mais originalement paru en 2009, la formation Whitetree : Un projet qui implique encore une fois Ludovico Einaudi, le pianiste et compositeur Italien qui fait des bijoux Néo-Classiques instrumentaux que je vous ai parlé à notre capsule d’Une Note Vaut Mille Mots un peu plus tôt. Cette fois, il s’est entouré des frères Robert et Ronald Lippok, membres de la formation To Rococo Rot. Ensemble, ils flirtent entre l’Acid-Jazz, la musique Classique contemporaine, le Rock-exploratoire, le tout avec des nappes sonores électroniques de type Ambiant et Techno-minimaliste. Sur l’album Cloudland, des élans très prenants entres plusieurs autres moments beaucoup plus en finesses sont au menu, ce qui fait de l’enregistrement un kaléidoscope émotionnel étonnant!

 

SØLYST termine cette capsule, c'est le projet solo de l’allemand Thomas Klein, batteur pour la formation qui allie des éléments de différents styles comme le Post-RockÉlectro-ambiantJazz-expérimentalKreidler, qui mélange habilement sons analogiques et synthétiques sur son premier album homonyme. On pourrait facilement étiqueter le genre IDM ou Post-Rock pour décrire le genre musical, mais ça ne serait pas vraiment rendre justice à la complexité des compositions et leurs juxtapositions de sons. Les structures ont une bonne part d’exploration sonore, tout en ayant un côté Ambiant prononcé et des répétitions accrocheuses et un choix d’instrumentation qui interpelle et se démarque. Quelque chose de tribal se dégage de certaines pièces, je dirais même que c’est le fil conducteur de l’enregistrement de SØLYST, de sorte qu’on entre pratiquement en transe dès les premières mesures de l’album! De lentes progressions en intensités sont le mot d’ordre pratiquement dans chaque pièce du disque de SØLYST, qui fait en sorte que notre écoute est stimulante et pratiquement différente à chaque fois, grâce à la polyrythmie irrégulière et du traitement sonore employé. On pense à Caribou ou Four Tet en termes d’artistes qui font une musique comparable et à Unkle et To Rococo Rot (formation avec laquelle il partage son bassiste) pour le volet plus Rock qui ajoute le mordant à son premier disque très inspiré.

PIÈCES ENTENDUES DANS CE BLOC MUSICAL
Brandt Brauer Frick Ensemble - Teufelsleitere (Mr. Machine)
Whitetree - Tangerine (Cloudland)
SØLYST - Malstrøm (SØLYST)


 
Pour notre Autopsie de CD ce mois-ci, on vous vous fait découvrir un disque d’un artiste en vous diffusant un trio de pièces d'un artiste qui fait une musique planante et de l'Art visuel sous un autre pseudonyme.


On vous parle de Tycho, qui est le projet musical d'un producteur de San Francisco nommé Scott Hansen, qui fait un type d’électronique-Ambiant comparable à Boards of Canada, Bibio, Dextro et des touches de claviers qui me font penser au duo français Air. Depuis ses débuts, il n’a pas arrêté de surprendre avec des parutions soigneusement travaillés, l’artiste peut prendre son temps, mais l’attente en a toujours valu la peine! Le maxi The Science of Patterns, son premier jet dans le monde musical en 2002 a été remarqué par les médias indépendants, mais c’est surtout avec la parution du disque Past Is Prologue en 2006, porté par l’attention gagnée par Sunrise Projector, le premier album complet de Tycho en 2004 que les choses ont commencées à bouger pour l’artiste.



En 2007, il signe sur l’étiquette GhostlyInternational et fait paraitre régulièrement des singles en travaillant sa sonorité, jusqu’à la sortie de Dive, son plus récent opus, paru au mois d’octobre 2011. Il faut aussi mentionner que l’artiste a une double vie, puisqu’en plus de créer des magnifiques morceaux musicaux, il est aussi un artiste visuel et conçoit ses œuvres sous le nom ISO50 avec son propre blog, où il nous propose ses concepts sur t-shirts et des imprimés, ses goûts musicaux, ses expériences créatives du moment, le tout toujours très stylisé et d’une manière professionnelle, à l’image de sa démarche musicale. En gros, sur l’album Dive, Tycho fait une musique entre l’IDM et le Post-Rock, avec des sonorités vaporeuses, un son de guitare éthérée, des structures toutes en relief aux répétitions hypnotiques, toutes en harmonie et remplies de belles mélodies.
 

PIÈCES ENTENDUES DANS CE BLOC MUSICAL
A Walk
Hours
Adrift



À surveiller, notre entrevue avec Mathieu Roy, réalisateur du documentaire Survivre au Progrès, dès le 20 février via lesfreresduson.com. Une entrevue captivante disponible dans son intégralité en version audio et en version légèrement écourtée pour notre entretien vidéo, c'est à ne pas manquer!

dimanche 22 janvier 2012

Parution de la Semaine - 17 Janvier 2012


Alog est un duo norvégien qui revient avec l’album Unemployed, un collage sonore expérimental.

Alog est né en 1997, pendant une tempête hivernale, à Tromsø, une ville aux confins nordiques de la Norvège, par Espen Sommer Eide et Dag-Are Haugan. Depuis, la formation s'est créé une solide réputation dans le milieu de la musique exploratoire, un peu partout, mais principalement à travers la Scandinavie. Sur Unemployed, leur plus récent album, Alog a conçu une musique atmosphérique de la première à la dernière note. Le disque nous emporte dans une sorte d’univers parallèle où la Pop radiophonique n’existe pas et où le bon goût est toujours mis au premier rang. Certains passages me font penser à du classique contemporain et les traitements sonores me rappellent les albums Kid A et Amnesiac de Radiohead. On y retrouve aussi des éléments Jazz, de l’instrumentation non seulement synthétiques avec l’utilisation de guitares électriques, batterie et autres percussions, rehaussées par des effets et filtres variés. Les compositions ont des structures musicales inusités, des rythmes irréguliers, avec des échantillons en provenance de pays lointains et d’anciens enregistrements, du moins, c’est l’impression qu’ils nous laissent. La répétition est au menu, on peut la percevoir par moments étant soit un peu agaçante ou envoutante, selon l’écoute qu’on en fait et l’état d’esprit dans lequel on se trouve.

Alog - Aperçu de l'album Unemployed via Experimedia

Au fil des années, nos 2 protagonistes ont fabriqués plus d'une demi-douzaine d'enregistrements pendant de longues sessions improvisées, lorsqu'ils étaient captifs du climat, au cours de leur déplacements sur les différentes îles de leur pays. Ils se débrouillaient pour trouver des sonorités qui les interpellaient, à partir d'instruments ou d'autres objets trouvés sur les lieux. D'ailleurs, Espen a fait la conception d'une application pour iPad, en plus de créer sa musique sous le pseudonyme Phonophani, son projet solo. C’est évident que selon notre cheminement de mélomanes, l’appréciation de leurs enregistrements peut largement varier, mais l'exploration musicale vaut amplement la peine d'être entendue! Alog me fait aussi un peu penser à Matmos, jusqu'à un certain point et pour vous en convaincre, je vous propose un retour dans le temps, c'est-à-dire en 2007, avec ce vidéo pour la pièce Son of a King, extrait de l'album Amateur. L’œuvre visuelle est inspirée par le meurtre du Tsar russe Orlov et de sa famille en 1918, réalisée par l'artiste-peintre et cinématographe, Julia Zastava, la captation s'est fait dans l'ancien palais familial, en souhaitent que son visionnement ne vous hante pas trop!


Présentation de Movement I-V, l'application pour iPad en question

lundi 16 janvier 2012

Parution de la Semaine - 10 Janvier 2012


Le jeune compositeur Bill Ryder-Jones, ancien guitariste pour le groupe The Corals, a créé une série de magnifiques pièces pour If…, son premier album solo.


Cet anglais pas encore trentenaire, est bourré de talent, un plus d'être pianiste, guitariste et violoniste, il s'adonne au chant, en créant des œuvres très cinématographique. Le volet instrumental aux arrangements axés autour du piano et d’un quatuor à cordes me fait penser à ce que font Danny Elfman, Max Richter et John Metclafe.

Pour le côté vocal sur l'album If..., nous sommes en présence d’une voix timide au timbre presque narratif, un peu à la manière de Son Lux, Dntel, The Notwist et Sébastien Schuller, tant pour l’aspect mélodique de ses compositions et la fragilité de son chant empreint d’une grande sensibilité. Ces passages vocaux semblent apparaitre de nul-part, puisque l’album est majoritairement instrumental, avec une prononciation nonchalante de la part de Bill Ryder-Jones et son accent typiquement britannique, qui me fait un peu penser à Pink Floyd. En plus de son filet de voix, on retrouve quelques harmonies vocales féminines fournies par Ana Calvi, pour venir d’autant plus rehausser les pièces musicales, sans pour autant qu’elle énonce des propos concret et qui laissent place à l’émotion d’abord et avant tout.

Bill Ryder-Jones - If... Remixes via Double Six

Enregistré après une conversation avec Laurence Bell, le propriétaire de l’étiquette de disques Domino, où il suggérait à Bill Ryder-Jones de concevoir une série de pièces pour un film imaginaire, le disque If… se veut une adaptation musicale du livre If on a Winter Night a Traveler de l’auteur Italo Calvino, où chaque pièce représente un chapitre distinct. La majorité de l’enregistrement a été réalisé avec l’orchestre Royal Liverpool Philharmonic lors de différentes sessions au cour de l’année 2010. Les arrangements à cordes sont utilisés avec brio de la part de Bill Ryder-Jones, pratiquement à chaque pièce pour remplacer la voix ou venir rehausser ses propos, ce qui me rappelle les créations de l’italien Ludovico Einaudi, une de mes très belles découvertes en 2011!

Bill Ryder-Jones avec la pièce A Leave Taking tirée de son premier maxi


dimanche 15 janvier 2012

Les Genres de Chez-Nous - Janvier 2012



Bien du chemin a été parcouru par le jeune et fort talentueux Jesse MacCormack et sa bande depuis l’époque où le groupe s’appelait Mac avec un «c», lorsqu’ils vendaient leurs enregistrements de manière indépendante pendant leurs spectacles. Aujourd’hui, Mak est signé par l’étiquette de disques L-ABE, tout comme Jean-François Lessard, Vander, Doba et The Blue Seeds, en plus, le disque est distribué par la machine Sélect, donc on peut le retrouver un peu partout. Je suppose que la formation a dû modifier son épellation pour éviter des démêlées judiciaires, probablement suite aux conseils que leur nouvelles maison de disque a probablement suggérer.


Les riches sonorités et des structures de pièces raffinées sont au menu sur l’album homonyme de Mak. On se retrouve quelque part entre l’ambiance feutrée et très texturé de Patrick Watson et la richesse instrumentale à la sauce Radiohead ou Karkwa avec des paroles anglophones, vues les racines de Jesse, parolier et multi-instrumentiste de la formation. Des ambiances toutes en subtilités et d’une grande sensibilité, livrées avec des harmonies vocales masculine/féminines hautes perchées, avec beaucoup de souffle un peu comme la façon de chanter de Louis-Jean Cormier, chanteur du groupe Karkwa. On pense également à Leif Vollebekk et Armen at the Bazaar, pas seulement pour les similarités de l’aspect vocal, mais aussi pour le volet musical très atmosphérique. Les progressions d’accords sont parfois étonnantes, mais toujours efficaces et recherchés, servies avec une réalisation soignée. On se la joue Néo-Soul avec l’utilisation de l’autotune sur la pièce Young Lads, ce qui me fait inévitablement tracer des liens avec James Blake et Jamie Woon, mais tant que c’est bien effectué, comme c’est le cas avec Mak, ça me va!


Grâce à un habile mélange de Rock-exploratoire, d’éléments Folk et d’Électronica, le disque ressort inévitablement du lot et ce, malgré les influences senties. Je dois avouer que j’ai été légèrement étonné de voir arriver cet album dans les bacs de disquaires, une agréable surprise de voir jouer d’audace une étiquette québécoise et un bon coup pour elle, mais, comme l’enregistrement est en anglais, on vise vraisemblablement un large marché. Avec la qualité et la sincérité déconcertante avec laquelle chaque pièce a été conçue, ce n’est qu’une question de temps avant que Mak laisse une profonde marque dans le paysage musical, non-seulement montréalais, mais sur le monde de la musique au sens large, tellement que c’est une œuvre aboutie et ce n’est qu’un début! Voici l'entrevue des Frères du Son avec le groupe réalisée à leurs débuts, il y a environs 2 ans déjà, bien des choses ont évolués au sein de la formation depuis, n'empêche que ça donne un aperçu de son énergie...

 Bon divertissement!

jeudi 29 décembre 2011

Chef-D'Oeuvre du Mois - Décembre 2011


Derrière le nom Aspidistrafly se terre la jeune chanteuse et compositrice April Lee et le producteur Ricks Ang, tous deux de Singapour. Elle est la directrice artistique de la maison de disque indépendante Kitchen. Label, tandis qu'il produit tout ce qui est réalisé sur l'étiquette, alors on peut dire que le duo forme véritablement la paire!


Aspidistrafly me fait penser à la formation Stereolab, pour les harmonies vocales, mais surtout pour les doux et somptueux arrangements entendus sur A Little Fable. Au menu, une prédominance  d’instruments à cordes, avec sifflotements d’oiseaux en prime et autres sonorités inusités, comme le son d’un réveille-matin et des échantillons de voix d’enfants qui jouent, se font entendre à travers l’enregistrement. Côté musical, c'est un genre de Folktronica éthéré, ambiant et atmosphérique au plus haut point. La musique d'Aspidistrafly donne une impression apaisante, qui arrive comme un baume qui ralentit un tant soit peu nos trains de vies effrénés, particulièrement dans la période des fêtes, puisqu'on veut tout faire en même temps...

Aspidistrafly avec 3 extraits du disque I Hold a Wish For You via Kitchen Label

Depuis I Hold A Wish For You, leur album précédent, paru en 2008 et le premier à voir le jour sous leur toute nouvelle étiquette, le duo s'est fait remarquer par la communauté musicale asiatique et maintenant à l'échelle mondiale, avec leur sonorité recherchée, à la frontière de la musique Rock-expérimentale et Noise, des structures de pièces très originales, malgré les élans Pop acoustiques, grâce à une interprétation on ne peut plus poignante.


Aspidistrafly fait un genre musical qui se retrouve quelque part entre la Dream-Pop et la musique exploratoire, mais qui demeure tout de même très accessible. On pense par moments à AmiinaMarsen JulesJulianna Barwick et School of Seven Bells, sans pour autant copier ni totalement ressembler à l'un de ces derniers. Plusieurs bons éléments qui font d'A Little Fable leur plus récente production, tout comme leur précédente d'ailleurs, des enregistrements hautement rafraîchissants et fortement recommandables!

Landscape With a Fairy d'Aspidistrafly extrait de l'album A Little Fable