mardi 22 octobre 2019

CRITIQUE | Marie-Pierre Daigle

📷 Maxime Labrecque

Au-delà des traditionnels violons arrive cette artiste

avec ses chansons aux métissages éclectiques


Originaire de Saint-Pamphile, une petite ville située au sud de la région Chaudière-Appalache, tout près de la frontière américaine et l'état du Maine, la musicienne a multiplié les cordes à son archet en flirtant avec le jazz, la pop, la musique expérimentale et le folklore québécois.


Après avoir trouvé sa voie en tant que musicienne et sa voix en tant que chanteuse au sein des projets Pétrol-17, Horloge Grand-Père et Les Sabots de Denver, toutes des expériences formatrices, elle se lance enfin en solo dans la composition de son propre univers musical aussi rafraîchissant que singulier.

Pochette | Maxime Labrecque
Pour la réalisation de son premier enregistrement Perdre son temps, Miss Daigle s'entoure de musiciens chevronnés, avec Daniel Baillargeon et sa touche aussi unique que créative à la réalisation et la guitare (Sharcüt, VioleTT Pi, Yokofeu), le bassiste Mathieu Deschenaux (Gadji-Gadjo, Le Hot Club de ma Rue) et Yannick Parent à la batterie (Mentana, Viviane Audet). Cet EP c'est un peu comme faire l'écoute des premiers albums de Mara Tremblay sur l'acide pour les arrangements qui sortent des sentiers battus avec des structures qui surprennent à chaque détour ! Il s'agit d'un heureux mélange d'éléments issus de la chanson populaire avec ses racines ancrées dans le folk doté d'une approche contemporaine et une bonne touche de musique alternative. Les textes conscients et lucides sont d'autant de douces claques à la décadence de notre société de consommation, dépeignant autant d'habiles portraits de la bêtise humaine à son paroxysme. Sa poésie rappelle jusqu'à un certain point la plume de Fred Fortin ou de Dany Placard. Le traitement sonore inusité et très inspiré se démarque magnifiquement des nombreux émules du courant néo-trad en emportant les auditeurs complètement ailleurs, en terrains à la fois familiers et redoutablement originaux où le talent se sent à plein nez. Gageons que ce n'est qu'un début d'une carrière musicale florissante de cette artiste qui mérite une attention particulière, autant pour la musicalité exceptionnelle que ses habiles proses !


Ne manquez pas le lancement de cette grande aventure en formule 5@7 au mythique Verre Bouteille de Montréal, mercredi le 23 octobre 2019. En attendant, voici un bref aperçu de son univers musical, toutefois sans les musiciens que l'on retrouvera sur scène, mais en compagnie de Hugues Tremblay, co-auteur de la pièce titre du EP sur cette prestation inédite de cette charismatique artiste à surveiller !

vendredi 11 octobre 2019

CRITIQUE | Valse Fréquence - Ci-haut, Ci-bas

📷 Gabrielle Thiffault

Les aléas émotionnels où

danse doucement le spectre sonore


La formation québécoise composée de Thomas Léger au chant et à la batterie (un vrai Phil Collins, non, vraiment pas en fait... Et c'est ben correct !), Anne-Marie Milev à la guitare et Louis Houle-Collin à la basse, revient à la charge sur ce tout nouveau mini-album de cinq pièces qui donne suite à leur premier EP paru en septembre 2017.


Après sa participation qui a marquée l'édition 2018 du tremplin Les Francouvertes, pour se rendre en demi-finales du Festival international de la chanson de Granby en 2019, il est facile de comprendre l'appréciation de la critique pour sa formule rock-atmosphérique. Des progressions aussi inspirées que complexes démontrent toute l'ingéniosité ainsi que la virtuosité des musiciens du groupe montréalais et visiblement la magie opère autant sur ses enregistrements que devant public !

📷 Olivier Ross-Parent

Sur les compositions de ce maxi, une certaine approche musicale comparable à celle du groupe Half Moon Run est à noter. Les influences de Radiohead et de Sigur Rós sont perceptibles, particulièrement pour les arrangements, ainsi que pour les harmonies et ses envolées instrumentales. L'approche vocale soufflée, jumelée à des structures aux atmosphères vaporeuses sont comparables à la touche de KarkwaL'ambiance oscille entre l'impression du grandiose et l'intimité de ses passages plus minimalistes. L'apport de Melanie Venditti au violon sur quelques pièces ajoute beaucoup d'émotions aux envoûtantes compositions.


Les illustrations sont des créations de l'artiste visuelle Camille Sarrazin-Dallaire qui a eu toute la confiance nécessaire de la part du groupe afin de créer un univers visuel pour chaque pièce de l'album. L'artiste et les œuvres étant disponibles sur place, voilà la parfaite occasion pour venir découvrir ses créations en parallèle au lancement !


L'album est disponible via Bandcamp au prix que vous désirez et sur vos plateformes d'écoute en continu préférées dès le vendredi 11 octobre sur l'étiquette Sainte-Cécile.